Déferlement de haine sur les réseaux sociaux, permanences dégradées ou incendiées, voilà les faits qui inquiètent depuis quelques jours des députés de la majorité. En effet, en Haute-Saône, dans le Lot-et-Garonne, en Gironde, dans la Creuse ou encore sur les Pyrénées-Orientales, les espaces dédiés à l'échange entre les élus et les citoyens sont devenus le siège d'une expression plus brutale. Mais, le pire, c'est que le phénomène semble s'être inscrit comme une banalité, à mesure qu'un article ou un flash info en rapporte les faits.

Il faut dire que cela ne semble d'ailleurs pas particulièrement émouvoir les acteurs du monde politique, où à gauche comme à droite, on y voit un retour de bâton pour l'exécutif. Emmanuel Macron et sa majorité subiraient ainsi les foudres de la conduite d'une politique injuste menée au pas de charge depuis deux ans.

Des députés LaREM sous le choc

Ainsi, l'essentiel des récentes attaques sont déjà attribuées aux agriculteurs, visiblement courroucés par la validation du Ceta à l'Assemblée nationale la semaine dernière.

D'autres, comme le saccage de la permanence du député LaREM Romain Grau, sont plutôt mis au crédit des Gilets jaunes, dont le mouvement s'est depuis quelques semaines radicalisé. Déversoirs de fumier, tags sur les murs, ou encore constructions de murets d'enfermement sont rapidement devenus le quotidien des permanences d'élus, comme si la haine était devenue tolérable.

La situation n'est en tout cas pas allée sans désoler vingt députés bretons de la majorité qui estiment que plutôt que de détruire les institutions, il faudrait aider à les améliorer.

Ils ont donc lancé un vibrant appel à l'unité aux agriculteurs, aux environnementalistes, aux chefs d’entreprise, aux salariés, aux retraités, aux actifs, aux femmes, mais aussi aux hommes. Ils revendiquent leur indépendance et leur volonté d'oeuvrer à la solidarité, de pourvoir aux emplois d’aujourd’hui et de demain, de replacer la France en pôle de l'excellence en Europe.

Combattre la haine, le nouveau défi des Marcheurs

Loin de toute forme de caricatures, les Marcheurs ont donc laissé entendre dans leur tribune qu'il était de leur responsabilité de favoriser le vivre-ensemble.

Pour cela, on admet dans la majorité qu'il faudra veiller à ne pas laisser les différences s'amplifier et devenir un frein à la cohésion, très impactée par la progression de la haine. Hors de question donc de renvoyer dos-à-dos des personnes qui pourraient en apparence être totalement opposées sur le fond, alors que le dialogue peut leur permettre de trouver les moyens d'avancer.

Pour cela, les députés LaREM ont reconnu avoir besoin du concours de la société dans son ensemble qui devra faire l'effort de s'interroger sur ses idées reçues.

Bâtir un monde plus sûr passera, de l'avis des signataires de la tribune, par la capacité des citoyens de faire Bretagne, France et Europe, sinon c'est le chaos qui pourrait bien être au bout du chemin. Encore faudrait-il que l'appel lancé puisse être entendu, à l'heure où la séquence autour de l'affaire de Rugy a laissé pointer un désamour très fort entre les élus et les Français.

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