Lundi, le corps sans vie de Steve Maia Caniço a été repêché dans la Loire par la police, alors que celui-ci était recherché depuis un peu plus d'un mois maintenant. Le jeune homme de 24 ans n'avait en effet plus donné de nouvelles depuis la nuit du 21 au 22 juin à Nantes où il avait été aperçu près du quai Wilson après une charge policière lors de la Fête de la musique. Désormais, les responsables politiques de l'opposition se ruent sur l'affaire pour tenter de remettre une couche sur la contestation du pouvoir et de l'action d'Emmanuel Macron.

Une autopsie a été menée dans le cadre d'une information judiciaire ouverte mardi, mais, Jean-Luc Mélenchon tire déjà à boulets rouges sur l'exécutif ce mercredi. Le chef de file des Insoumis va même jusqu'à qualifier le gouvernement de régime macroniste, convaincu que celui-ci ne rendra pas la justice sur ce dossier polémique. Dans un post Facebook, le député des Bouches-du-Rhône acte même que le pouvoir en place ne demande plus à la police de rendre des comptes, eu égard la répression conduite sur instructions contre les Gilets jaunes.

Aucune bavure policière décelée à ce stade de l'enquête

Dans son point sur l'affaire livré mardi soir, Edouard Philippe actait pourtant qu'à ce stade il n'existait aucun lien entre l'intervention des forces de l'ordre et la mort de Steve. Le Premier ministre assurait d'ailleurs à la famille endeuillée que toute la lumière serait faite sur les circonstances qui auront conduit à ce tragique incident. Des propos qui n'ont comme souvent pas visiblement réussi à rassurer dans les rangs de la France insoumise où on dénonce à cor et à cri des opérations de maintien de l'ordre de plus en plus disproportionnées.

Pour l'ancien candidat malheureux de la présidentielle, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Christophe Castaner et Nicole Belloubet sont toujours prêts à justifier n'importe quoi. Il dénonce ainsi de grosses ficelles de manipulation de l'opinion visant à gagner du temps pour jouer sur l'effet "vacances" de la période estivale. Une analyse partagée sur RTL par la porte-parole d'EELV, Sandra Regol, qui a critiqué un véritable "mépris" de l'exécutif, dont elle pointe un "acharnement" récurrent et inquiétant contre la jeunesse française.

Un gouvernement jugé trop autoritaire

Pour l'écologiste engagée, qui a ressassé les épisodes de Tolbiac et de Mantes-la-Jolie, la sécurité dans l'Hexagone ne peut se faire dans la surenchère. Un point de vue partagé sur l'antenne de BFM-TV par le premier secrétaire socialiste Olivier Faure qui a pour sa part critiqué une répression devenue aveugle et au moyen de n'importe quel outil. Le député de Seine-et-Marne réclame comme les Insoumis que soit ouvert une commission d'enquête parlementaire pour avoir les tenants et les aboutissants de cette séquence embarrassante pour l'Etat.

Plus généralement, on fustige, à gauche, une philosophie du maintien de l'ordre devenue flottante avec des forces de l'ordre livrées à elles-mêmes. Puisant dans le passé exemplaire de la France, longtemps citée comme modèle en la matière, certaines voix s'élèvent contre la place Beauvau, qui ne semble plus en mesure de garantir la sécurité des personnes et des biens. Une préoccupation à laquelle l'exécutif s'était pourtant attaché à répondre dès le passage de l'ancien patron de l'intérieur, le très influent maire de Lyon Gérard Collomb.

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