Depuis une brasserie située dans la 14e arrondissement de Paris, Cédric Villani a officialisé mercredi son intention de participer à la course pour l'hôtel de ville parisien. Le député de l'Essonne rompt ainsi son engagement de candidature à l'investiture de ne pas faire ombrage au candidat désigné par la République en Marche, en l'occurrence Benjamin Griveaux. Une situation qui met sérieusement à mal le parti présidentiel, où l'on avait pourtant espéré retirer la capitale des mains d'Anne Hidalgo après un score de 33% aux européennes.

Il faut croire que les inlassables appels au rassemblement des cadres de la macronie n'auront pas réussi à convaincre le mathématicien de ranger ses velléités de dissidence. Et parmi ses soutiens venus nombreux lui témoigner leur sympathie, on pouvait même déjà entendre certains décocher de violentes flèches en direction de l'ancien porte-parole du gouvernement. Ce fut le cas de la députée de Paris Anne-Christine Lang qui n'a pas hésité à indiquer que la guerre fratricide qui s'annonce est de la responsabilité des dirigeants du parti.

Le choc de l'investiture toujours présent

Rien, zéro, odieux, obséquieux, trop prévisible, autant dire que les attaques sur la personnalité de l'ancien secrétaire d'État d'Edouard Philippe n'ont pas manqué de fuser. Considéré comme l'homme d'Emmanuel Macron, ce dernier rencontre toutes les peines du monde à faire décoller sa campagne depuis l'annonce de son investiture il y a quelques semaines. Un manque de dynamique positive que l'on pense pourtant possible dans le camp Villani, actant l'effervescence générée par sa pré-campagne pour l'onction des Marcheurs.

Mais encore, chez nombre de ses partisans, on n'a toujours pas réussi à digérer l'investiture de Benjamin Griveaux par le parti présidentiel, là où certains réclamaient une primaire. Une procédure que celui qui se veut être le candidat de l'écologie à Paris avait déjà qualifié de "viciée", justifiant par là même sa volonté de se mettre à la marge de la décision officielle du parti. Le sentiment était évidement partagé par des proches qui restent intimement convaincus que leur champion a, à ce jour, toutes les chances de susciter l'adhésion des Parisiens.

Villani toujours marcheur

Du côté du gouvernement, on préfère en tout cas garder au maximum le silence sur un sujet qui pourrait bien diviser, alors que la rentrée s'annonce particulièrement chargée. La porte-parole Sibeth N'Diaye a toutefois simplement signifié sa déception de voir Cédric Villani manquer au respect de sa parole, tout comme l'a également souligné Benjamin Griveaux. Invité de RTL ce jeudi matin, ce dernier a cependant noté sa volonté de laisser entre-ouverte la voie de la réconciliation, en s'opposant une nouvelle fois à l'exclusion du mathématicien.

Il sera d'ailleurs surenchéri par le député de Paris Sylvain Maillard, pour qui Cédric Villani aura évidemment toute sa place dans la co-construction du projet d'En Marche. Une hypothèse peu probable, au regard de l'intention affichée et revendiquée du candidat dissident d'aller plus que jamais jusqu'au bout de sa démarche. Les prochaines semaines promettent donc d'être un casse-tête pour l'exécutif et le chef de l'Etat, qui ne devraient pas manquer de rester vigilants face aux sondages qui ponctueront une suite de campagne pour le moins houleuse.

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