Après un été plus reposant que celui du feuilleton Benalla, Emmanuel Macron a effectué une rentrée diplomatique plutôt bien accueillie lors du sommet du G7 à Biarritz. Désormais, l'exécutif se doit d'attaquer les dossiers chauds qui l'attendent dans sa cuisine intérieure, loin des sourires assez longuement affichés par le chef de l'Etat il y a deux semaines. Et déjà, ce dernier se montre prudent, témoignant de son écoute aux revendications des Français, dont tout juste un quart noterait une satisfaction sur les deux premières années de mandat.

Il faut dire que comme toujours, c'est la rentrée de tous les risques pour le président de la République, qui continue d'afficher sa volonté de poursuivre les réformes. Baccalauréat, retraites, PMA, réforme des institutions, le gouvernement s'apprête ainsi à entrer dans une séquence qui s'annonce déjà particulièrement tumultueuse. Raison pour laquelle, du côté de l'Elysée et de Matignon, on a décidé de mettre un peu plus d'eau dans son vin, en jouant sur la corde de la concertation et d'une forme de négociation plus soutenue avec les Français.

Fini le passage en force

Il semble véritablement bien loin le temps de la réforme de la SNCF où le gouvernement avait acté sans trembler un passage en force au grand dam des partenaires sociaux. Preuve que le mouvement des Gilets jaunes est passé par là, laissant au passage chez le chef de l'État et dans sa majorité la trace indélébile du mécontentement des Français. Illustration faite avec la très sensible réforme des retraites qui sera co-construite avec les citoyens, les syndicats et le patronat durant les mois à venir afin de déboucher sur un projet de loi présenté en 2020.

Le premier ministre Édouard Philippe a reçu à cet effet les représentants des différentes organisations syndicales et patronales à Matignon afin de dresser un calendrier et une méthode. Sur le fond, la volonté est ainsi marqué par le couple exécutif de se montrer beaucoup plus à l'écoute en faisant participer les Français contrairement à la première moitié du quinquennat. Des échanges directs sur le modèle du grand débat national sont même prévus pour palper le sentiment des citoyens sur un sujet qui les touche particulièrement.

Une image de réformateur à préserver

À noter toutefois que si Emmanuel Macron se montre beaucoup plus prudent dans son approche face aux Français, il n'en garde pas moins la volonté de continuer à réformer. Son désir d'un temps de discussion plus long, le président de la République entend l'utiliser en sa faveur pour convaincre l'opinion d'adhérer au projet qu'il porte pour la société française. Il sait que dans le fond il a clairement été élu pour transformer le pays, alors il n'a pas vraiment l'intention de lever le pied sur ce qui reste jusqu'ici le vrai marqueur de son quinquennat.

Pour le reste, le gouvernement devra également réussir à calmer la grogne qui monte sur des sujets délicat comme les urgences, l'éducation, ou encore le maintien de l'ordre. Agnès Buzyn, Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner sont depuis quelques jours sur le pont pour tenter de défendre leurs bilans et les mesures qu'ils envisagent pour faire évoluer la situation. Autant dire que les prochaines semaines s'annoncent particulièrement compliquées pour Emmanuel Macron qui souffle plus que jamais le chaud et le froid pour avancer.

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