Agnès Buzyn a présenté lundi les mesures qu'elle entend mettre en œuvre entre 2019 et 2022 pour soulager de manière pérenne des services d'urgences souvent débordés. Le plan de 750 millions d'euros mis sur la table vise à profondément réorganiser le système de santé dans son ensemble, pour mieux répondre à la problématique de l'accès aux soins en ville comme à la campagne. Une réponse que certains syndicats d'urgentistes et de personnel soignant ne trouvent toutefois pas à la hauteur des attentes qu'ils nourrissent sur la question.

Il faut dire qu'avec une crise qui dure depuis six mois, la ministre de la santé et de la solidarité était attendue au tournant sur les mesures qu'elle entend porter. Et si certains saluent le bon sens des 12 points soulevés par l'ancienne socialiste en conférence de presse, beaucoup ont assuré qu'ils restaient sur leur faim tant le plan paraîtrait insuffisant. Réouverture de lits, recrutement de personnel, voilà deux revendications des grévistes qui doivent se réunir en assemblée générale ce mardi pour envisager la suite à donner à leur mouvement social.

Le gouvernement joue son va-tout

Pourtant, le gouvernement n'y est pas allé de main morte sur le sujet, promettant d'apporter aux grands maux les grands remèdes, avec un financement garanti. C'est en tout cas l'objectif visé par le SAS (Service d'accès aux soins) qui doit éviter l'engorgement des urgences, en orientant d'emblée les patients vers le service compétent pour les prendre en charge. Une mesure qui prendra évidemment du temps à se mettre en œuvre, loin de l'urgence signalée par un certain nombre de syndicats comme le collectif Inter-Urgences, à l’origine de la grève.

De plus, aux 100 euros nets de prime consentis en juillet et aux 15 millions d'euros prévus pour le recrutement saisonnier, il faudra maintenant ajouter 50 maisons de garde médicale. Sans oublier la généralisation à venir des parcours dédiés aux personnes âgées, le renforcement des compétences pour les professionnels des urgences, mais aussi la prise en charge de leur sécurité. Pour Agnès Buzyn, ces outils devraient permettre de rationaliser l'offre de soins et de répondre à la demande avec plus d'adéquation que cela n'est le cas aujourd'hui.

Les syndicats pas vraiment convaincus

Dans l'esprit de la ministre, il est question de limiter l'afflux de patients aux urgences, qui ont vu leur fréquentation doubler en vingt ans pour 21,4 millions de passages. Pas assez ambitieux pour les grévistes, qui réclament davantage de postes et de lits à l'hôpital, comme Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France. Ce dernier s'interroge d'ailleurs énormément sur l'effectivité des mesures annoncées lundi, puisque l'on promet déjà un nouveau service en 2020, là où il s'alarme avec d'autres d'une pénurie de personnel.

Pour la suite de la mobilisation des urgentistes, il faudra attendre ce qui sortira de l'assemblée générale du collectif Inter-Urgences qui se tient à Saint-Denis ce mardi. Hugo Huon assure qu'un calendrier d’action y sera nourri, avec déjà en réflexion de nouveaux arrêts maladie groupés qui devraient aider Mme Buzyn à faire un geste de plus dans leur direction. L’événement pourrait recevoir le soutien de certains syndicats et de quelques associations de médecins hospitaliers, tandis que la CGT maintient pour mercredi une manifestation à Paris.

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