La sentence est tombée pour Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf : vingt ans de réclusion criminelle. Dans la nuit de samedi 10 à dimanche 11 février 2018, la maman et le beau-père de la petite Fiona disparue en mai 2013 à Clermont-Ferrand ont été condamnés en appel à 20 ans de prison par la cour d'assises de la Haute-Loire pour la mort de la fillette. Les deux ex-amants ont été considérés aussi coupables l'un que l'autre pour les coups portés à la petite fille de cinq ans et qui lui ont été fatals.

"Elle a la peine qu'elle mérite"

Le 26 novembre 2016, en première instance, le procès des parents de la petite Fiona n'avait pas convaincu.

Après deux semaines d'audience, la mère a été condamnée à cinq ans d'emprisonnement par la cour d'assises du Puy-de-Dôme pour avoir menti sur les circonstances de la disparition de sa fille, puis partiellement acquittée. Son ex-concubin, lui, a été plus sévèrement jugé puisqu'il a été condamné à purger une peine de 20 ans de réclusion criminelle avec deux tiers de sûreté pour "coups mortels aggravés et violences volontaires".

Ce nouveau procès n'a pas malheureusement pas apporté d'éléments nouveaux, et le corps de Fiona n'a toujours pas été retrouvé. Mais les mensonges de la mère, qui avait signalé la disparition de sa fille avant d'avouer quatre mois plus tard qu'elle avait été battue à mort et enterrée, ont scandalisé la cour. "Les contradictions, les mensonges, les silences, les incohérences, n’ont pas permis d’appréhender le contexte exact du décès. (...) Ils n’ont pas tout dit", a déclaré le président de la cour.

En effet, Fiona a été reconnue cette fois comme "victime de maltraitance" et les ex-amants comme deux "tortionnaires" qui ont agi de concert dans la mort de la petite fille. Pour Nicolas Chafoulais, le père de Fiona, son ex-compagne "a la peine qu'elle mérite". L'homme s'est dit "soulagé" à l'annonce du verdict, mais pas apaisé pour autant : "Non. Ma fille n'est pas revenue", a-t-il confié ému.

Jugés sur des hypothèses ?

Après deux semaines d'un procès en appel particulièrement agité, la mère et le beau-père de Fiona ont été condamnés à des peines bien supérieures à celles rendues il y a deux ans en première instance. Alors qu'ils ont comparus en appel pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, non-assistance à personne en danger et recel de cadavre", les deux parents violents et toxicomanes laissent encore aujourd'hui planer le doute sur l'origine de la mort. Fiona est bien et enterrée, mais l'ancien couple n'a jamais réussi à localiser précisément le corps de la petite fille.

Impossible donc de pratiquer une autopsie sur la fillette qui pourrait déterminer enfin les circonstances précises de son décès. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf n'ont de cesse de se renvoyer la responsabilité de la violence et de la mort de Fiona depuis cinq ans. Pour la cour, aucun doute, ces deux-là détiennent la clé du mystère, mais ils ne parlent toujours pas... La vérité va-t-elle un jour éclater ?

Après avoir délibéré pendant cinq heures, la cour d'assises de la Haute-Loire a livré son intime conviction : la coaction de la mère et de son ancien compagnon dans les violences infligées à Fiona. Le président de la cour a également ordonné le retrait total de l'autorité parentale de Cécile Bourgeon sur ses deux autres enfants : la soeur cadette de Fiona et le petit garçon de son union avec Berkane Makhlouf en 2013.

Un nouveau procès à venir

L'avocat de Cécile Bourgeon, transformée physiquement par la détention, a déjà annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation dès lundi. "Il y aura donc un troisième procès", a assuré Me Renaud Portejoie.