Le 25 septembre dernier, le tribunal administratif de Pau rejetait le recours de Jerry H., quadragénaire homosexuel nigérian sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ordonnée par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, en expliquant que sa décision était motivée par le fait qu’il n’a pas prouvé qu’il avait été "molesté dans son pays d’origine". La justice reproche à Jerry de ne pas être en mesure de prouver qu’il est homosexuel.

La prison ou la mort pour les homosexuels

Au Nigeria, l’homosexualité est punie d’une peine de prison qui peut aller jusqu’à 14 années de prison ferme.

Dans les 12 États du nord du pays où la charia – la loi islamique – est appliquée, l’homosexualité est punie de peine de mort par lapidation. À la suite de cette décision judiciaire, l’avocate de Jerry H. a fait appel de cette décision. L’appel n’est pas suspensif. Le quadragénaire peut donc être renvoyé dans son pays d’origine à tout moment. Une véritable épée de Damoclès…

Le 2 octobre dernier, Jerry H. était arrêté par la police et conduit au centre de rétention de Bordeaux.

Il a été libéré quelques jours plus tard par un juge des libertés et de la détention, suite à la requête de son avocate car son état de santé n’est pas compatible avec la détention. Jerry H. est, malgré tout, peut toujours être expulsé à tout moment. L’OQTF dont il fait l’objet n’est pas levée.

Plus de 10 000 signatures recueillies

Jerry H. est arrivé en France il y a trois ans. Il a vu son petit-ami se faire lyncher et assassiner devant lui, lorsqu’il vivait au Nigeria. Il a été sévèrement battu et a été hospitalisé plusieurs jours.

C’est cet évènement tragique qui l’a poussé à quitter son pays natal, où les homosexuels font l’objet d’une véritable "chasse aux sorcières" comme le souligne l’ONG Amnesty International.

Les associations LGBT "Les Bascos" et "Arcolan Pau" soutiennent Jerry H. depuis qu’il vit en France. Ce sont elles qui lui ont permis d’entamer une procédure visant à régulariser sa situation en France. À la suite de la décision du tribunal administratif de Pau, elles ont organisé plusieurs manifestations de soutien au migrant homosexuel.

Elles ont également mis en ligne une pétition demandant au préfet des Pyrénées-Atlantiques d’annuler l’obligation de quitter le territoire français dont Jerry H. fait l’objet et de réexaminer son droit au séjour à titre humanitaire. En quelques jours, la pétition a recueilli plus de 10 000 signatures.

La France, pays des droits de l'Homme ?

Face à une telle mobilisation, qui continue à prendre de l’ampleur, le préfet des Pyrénées-Atlantiques devrait, en toute logique, ne pas rester sans réagir rapidement.

La vie d’un homme est en jeu. Comment imaginer une seconde qu’un représentant de l’État puisse rester insensible face à une telle situation humaine dramatique ?

En cas d’expulsion vers le Nigeria, Jerry H. ne risque pas seulement une peine d’emprisonnement de 14 années. Il risque également des représailles de la part de ses codétenus et de perdre de la vie. C’est souvent le cas dans des pays où l’homosexualité suscite une vive hostilité de la part de la majorité de la population.

C’est le cas au Nigeria et dans de nombreux autres pays du monde.

La France est-elle encore le pays des droits de l’Homme ? Jerry H. le croit toujours. C’est pour cette raison qu’il est venu en France et espère pouvoir y rester. Ce n’est pas un criminel. Il est homosexuel. En 2019, aucun être humain ne devrait être inquiété en raison de son orientation sexuelle et affective.

Ne manquez pas notre page Facebook!
Lire la suite