Vous êtes-vous déjà retrouvés dans une ambulance ? Peut-être qu’un transporteur VSL vous a déjà conduit à un rendez-vous médical parce que votre mobilité ne vous permettait pas de vous y rendre par vos propres moyens ? Mais savez-vous comment s’organisent ces transports ? Qui se charge de réaliser toute cette logistique colossale ?

Avant, c’était les soignants eux-mêmes qui veillaient à prendre contact avec les ambulanciers, les taxis et autres sociétés du secteur. Depuis 2013, une société a proposé de tout regrouper, tout digitaliser pour finalement tout faciliter aux établissements de santé.

Comment organiser le transport des patients ? David Chiron et Fabien Soares ont fondé Sanilea en 2013. Le Président de cette scale-up française, Fabien Soares, répond aux questions de Blasting News.

Votre plateforme s’est lancée en 2013 dans l’objectif de faciliter la commande de transports par les patients dans les établissements de santé. De quel constat étiez-vous partis au départ ?

On est parti d’un constat simple. On s’est rendus compte qu’il n’y avait pas de réelle organisation dans la commande de transports. Les établissements de santé passaient par le téléphone et les infirmières cherchaient des sociétés de transports les unes après les autres en passant des coups de fil. On a essayé de mettre en place une plateforme qui uniformise la commande et permet de la suivre de manière efficace.

Le transport des patients en véhicule sanitaire peut s’avérer devenir une tâche compliquée pour les soignants, vous confirmez ?

Oui le gouvernement a transféré une partie de la charge financière des transports sanitaires. Une partie des établissements de santé ont eu à gérer un flux financier sur les transports alors qu’ils l'étaient jusqu’alors par l'Assurance maladie.

Les établissements n’étaient pas forcément prêts. Les règles qui encadraient cette prise en charge ou non par l’Assurance maladie étaient particulièrement complexes. Une vraie difficulté organisationnelle aussi bien pour les sociétés de transport sanitaires que les établissements s'est crée.

D’après des informations de La Tribune, vous avez levé quelques 3,7M d’euros de fonds depuis 2013, peut-on dire que votre scale-up est en croissance ?

Effectivement nous sommes en croissance forte avec une communauté de 700 établissements qui passera à plus de 1400 d’ici quelques mois. 3000 sociétés de transport sanitaires. Nous comptons organiser le transport d’un million de patients en 2020. On se déploie de manière assez significative.

Nous sommes assez impliqués dans la Silver économie pour accompagner les seniors. Ces levées successives représentent un montant d’environ 6 millions d’euros mais nous avons rencontré également quelques sorties d’actionnaires.

Comment avez-vous vécu le début de la crise liée au Coronavirus ? Étiez-vous prêts ? Au commencement de la crise, le gouvernement avait conseillé d’annuler tout les rendez-vous médicaux qui n’étaient pas urgents et sans lien avec le Covid-19. Avez-vous donc été impacté ?

Dans un sens nous avons été fortement sollicités par des établissements de santé pour utiliser notre plateforme pour trouver des solutions de transport.

Ainsi, cette offre s’amoindrissait en raison de la demande plus faible. Faute de consultations et d’hospitalisations, les commandes ont été basculées sur les transports de patients Covid. Les sociétés de transports ont elles perdu une activité forte à ce niveau.

Avez-vous modifié des services ou mis en place des solutions dédiées aux problèmes liés au transport des malades dans les établissements de santé ?

Oui nos communautés ont été fortement impactées donc nous avons dû réorienter les choix de développement logiciel pour répondre au Covid. À notre échelle nous avons modifié notre organisation pour être encore plus réactifs. Nous avons notamment permis d'utiliser notre plateforme pour transporter les soignants et une cagnotte solidaire a été mise en ligne pour les épauler.

Le ministère de la Santé a placé votre plate-forme #SpeedCall comme l’une des solutions numériques les plus pertinentes pour lutter contre le Covid-19. Quelle a été votre réaction ?

C’est une vraie satisfaction qui reconnait notre travail que l’on fait en collaboration avec l’Assurance maladie et les agences régionales de Santé depuis sept ans. Avec ces institutions on collabore vraiment pour organiser le transport mais en accord avec les besoins territoriaux et en évitant la désertification médicale et respecter les enjeux des ARS au quotidien.

On a beaucoup critiqué la France pour son retard face à l’Allemagne dans la gestion de la crise sanitaire. Mais avec des initiatives comme la votre on remarque que la French Tech reste assez poussée pour répondre aux prochains défis sanitaires de demain ?

Oui je pense que notre French Tech permet une identification beaucoup plus rapide des solutions dans le pays. Avec la mise en oeuvre de solutions numériques fortes, les régions sont aussi mises en avant. C’est une belle image pour la France et un bon moteur d’innovation vis-à-vis des autres pays européens.

Cette scale-up qui fait partie de la fameuse "Silver economie", l'économie des Seniors se veut aussi dynamique et en recherches de talents.

Si elle était composée en 2019 d'une trentaine de salariés, les effectifs sont passés à une cinquantaine aujourd'hui. D'après le ministère de l'Économie et des Finances, la "Silver economie" permettrait d'embaucher quelques 300.000 personnes en 2020.

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