Alors que certaines capitales du "surtourisme" comme Venise en Italie étouffent de leurs 30 millions de visiteurs annuels, les professionnels du secteur tentent de trouver un nouveau souffle à ces activités de loisirs aujourd’hui sur pause voire en panne. Pourquoi ne s’inspiraient-ils pas de cette petite entreprise de l’Ouest de la France qui n’a de cesse d’innover depuis sa création en 2016 ? Cette équipe jeune et créative propose du cousu main pour des visiteurs en quête de découverte.

Quand est-ce-qu’en vacances, vous avez fermé les yeux pour la dernière fois ? Pour vous laisser guider, surprendre à dire : "Whaou !" en regardant un monument ou en pratiquant une activité ...

? Avec les réseaux sociaux, l’effet de surprise s’estompe et Sibylline Escapade apporte ce petit coup de pinceau qu’il manquait au tableau de vos petits séjours de rêve.

La fondatrice Mathilde Blanchard répond aux questions de Blasting News pour prendre part au projet BlastingTalks, qui consiste à se concentrer sur les challenges auxquels les compagnies font face lors de l’évolution du monde digital, les profondes transformations socio-économiques et lors de cette période inédite de crise sanitaire.

Selon un sondage OpinionWay, 71% des Français comptent partir en vacances dans l’hexagone cette année. Depuis 2016, vous proposez des activités 100% local dans l’Ouest de la France, vous vous réjouissez de ces probables arrivées de touristes cet été ?

Je prône le tourisme en France donc je me réjouis de ces personnes qui se tournent vers du 100% local. On va ainsi découvrir de nouvelles personnes, c’est super. J’espère que les Français prendront un peu plus l’habitude de partir autour de chez eux et découvrir la beauté de la France.

Depuis quelques années, les activités d’escape game, jeux de piste … sont de plus en plus présentes dans les centres urbains mais aussi parfois à la campagne, est-ce que la tendance est au jeu en France ?

Oui, c’est quelque chose qui ne s’éteindra jamais et qu’on doit renouveler en permanence pour toujours séduire de nouveaux clients. L’avantage de ce type de produit c’est qu’il s’adresse à tous les types de publics : des familles, des enfants, des amis, des afterworks d’entreprise etc. Notre activité des séjours surprises permet de nous laisser vous composer un programme d’escapade sur mesure en fonction des réponses que vous renseignerez sur un questionnaire.

L’idée, c’est de sortir des grands sentiers touristiques et d’aller plutôt à la découverte des artisans, on se laisse surprendre.

À l’heure des réseaux sociaux où la moindre activité touristique est partagée et directement copiée par des millions d’utilisateurs en direct, l’effet de surprise manque-t-il ?

Complètement. Ce qu’on arrive à montrer, c’est réellement l’authenticité de nos programmes, ce côté très personnalisé et humain dans nos séjours. C’est ce qui produit "l’effet whaou" et l’effet surprise. En fait, le problème avec les réseaux sociaux, c’est qu’on est souvent fossé avec des jolies images qui ne reflètent pas la réalité.

Vous êtes présents dans l’Ouest de la France, avez-vous vocation à vous étendre dans d’autres parties du territoire ?

Nous venons de nous étendre sur d’autres régions en Bretagne, Normandie, le Centre-Val de Loire et dans le haut de l’Aquitaine. Effectivement, nous avons vocation à se développer sur le territoire national avec grand plaisir.

Comment avez-vous été impacté par la crise de ce nouveau Coronavirus ?

C’était très compliqué, ce n’était pas un moment facile à vivre en tant que gérante d’entreprise. J’ai joué la carte de la transparence en expliquant à mon équipe concrètement ce qui se passait avec des chiffres. Outre la motivation, cette carte de la transparence soude les équipes.

C’est là où nous sommes fiers et que l’on découvre une nouvelle facette de ses salariés. Forcément nous avons été impactés : 50% de notre chiffre d’affaires s’envolent en deux semaines, on ne sait pas vraiment ce que l’on aura le droit de faire...

C’est là que mon équipe a beaucoup travaillé pour pouvoir s’adapter et proposer des activités cet été.

Exonération de certaines cotisations sociales, accès à un fonds de solidarité, le gouvernement a multiplié les mesures en solidarité aux entreprises contraintes au chômage technique, vous confirmez avec votre expérience personnelle ?

Effectivement, le fonds de solidarité c’est déjà beau, même si 1500 euros ça paraît peu pour certaines entreprises. Le chômage partiel reste une mesure qui existait avant la crise. J’ai été dans le cas où malgré une gestion saine de l’entreprise financière, la seule réponse obtenue quand je demandais des subventions c’était : ‘venez madame, vous pouvez faire un prêt’.

C’était compliqué à accepter lorsqu’on souhaite sauver les emplois créés et que nos bilans sont bons depuis plusieurs années.

La crise bouscule les modes de fonctionnement de certaines entreprises et oblige à modifier les objectifs de certains patrons. Vos perspectives ont-elles changé en fonction du Covid-19 ?

C’est très intéressant car on prend conscience du rythme des chefs d’entreprise. La première chose que j’ai dite, c’est qu’on va tous essayer d’aller au bout de ses missions. Il faut qu’il y ait une autonomie sur chaque salarié. J’ai aussi confié à mes équipes que je continuerai l'aventure mais tous ensemble. C’est un point très important sur lequel j'avais besoin de revenir.

Je pense enfin que tout patron peut se dire qu’en deux semaines, on peut tout perdre.

Mais je n'ai pas encore vraiment eu le temps de me poser pour tirer des conclusions de tout ça, c’est maintenant ou jamais pour remonter la pente.

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