Lancée en 2016, Nannybag s’est imposée dans le secteur de consignes dédiées aux voyageurs. En quelques clics, les baroudeurs peuvent se débarrasser de la contrainte de leurs bagages, en les laissant à des professionnels de confiance. Ces « Nannys » forment une communauté de commerçants, de restaurateurs mais aussi d’hôteliers dans plus de 300 villes du globe. Parmi elles: Paris, New York, Singapour ou encore Amsterdam.

Dans ce contexte particulier, cette jeune pousse a même décidé de franchir un cap supplémentaire en proposant un service d’envoi de bagage porte à porte, en toute sérénité.

Pour en parler dans le projet Blasting Talks, qui donne la parole aux entrepreneurs de demain pour montrer comment ils font face aux challenges liés à la crise du COVID-19, Matthieu Ballester, co-fondateur de Nannybag, répond aux questions de l’équipe de Blasting News.

Nannybag propose un service permettant de laisser ses valises chez un commerçant partenaire lors de la transition entre l’hébergement et le vol lors d’un voyage. Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer Nannybag en 2016 ?

Je suis parti en voyage à New York en 2015. J’avais loué un appartement sur Airbnb mais je devais quitter l’appartement le matin et mon vol n’était prévu que le soir. J’ai donc demandé au propriétaire si je pouvais laisser mes bagages dans l’appartement sauf que des clients étaient sur le point d’arriver.

Bloqué avec mes bagages, je ne pouvais pas visiter la ville librement. J’ai cherché des solutions pour déposer mes bagages et j’ai constaté que les consignes en gare aux États-Unis ont été supprimées. En rentrant, j’ai étudié le marché de la consigne à bagage et je me suis rendu compte qu’en France, sur les 3300 gares, seules 8 étaient équipées de consignes ouvertes.

Vous avez fait le pari de vous lancer dans l’économie collaborative. Il se dit que plus de 40% des Français déclarent avoir déjà eu recours à une de ces plateformes collaboratives. On peut dire que c’est un secteur en pleine croissance ?

Complètement. Je pense même que c’est le futur ! La monnaie dans ce type de plateforme reste la confiance.

Si on suit bien les process, si on travaille bien nos services, je pense que cela va continuer pour tous types d’activités.

Comment fonctionne concrètement votre réseau de consignes actuellement ?

Nous travaillons aujourd’hui avec des commerçants, des restaurants ou des hôtels afin de monétiser leurs espaces disponibles. C'est-à-dire de garder les bagages en étant rémunérés et cela leur permet de générer plus de trafic en faisant venir des gens dans leur commerce alors qu’ils ne seraient peut-être jamais venus. Cela leur donne donc également la possibilité de faire de la vente additionnelle sur leurs produits.

Laisser un bagage à quelqu’un nécessite de la confiance, de la part du client qui doit faire confiance au commerçant mais aussi de ce dernier qui doit se demander ce que contient le bagage.

Comment avez-vous développé cette confiance ?

De nombreuses choses ont été mises en place. Dans un premier temps, nous gérons absolument tout avec les commerces. Les réservations se font sur notre site ou notre application mobile où nous récoltons une série d’informations sur les clients. Lorsqu’ils se présentent sur place, ils présentent une pièce d’identité avec l’e-mail de réservation. Nous assurons l'activité avec la société d’assurances Axa. Tous les bagages sont assurés en cas de casse, perte et vol. Également, du côté client, nous fournissons des scellés de sécurité biodégradables. Nous les plaçons sur les fermetures éclair des bagages ou des valises, ce qui empêche qu’ils soient ouverts.

Les commerçants sont notés par les clients ce qui permet de constater les avis de chacun et à inciter tout le monde à jouer le jeu, c’est un système collaboratif.

Est-ce un service uniquement destiné auprès d’hôteliers ou commerçants ?

Pour l’instant nous sommes uniquement en collaboration avec les commerçants parce qu’ils ont des horaires d’ouverture fixe. Avec ce système, il y aura toujours quelqu’un pour réceptionner les bagages.

Vous disposez de systèmes de consignes à Paris, Londres, Vienne ou encore Los Angeles. Quelles sont les prochaines zones que vous souhaiteriez ajouter au projet ?

Notre place forte c’est l’Europe. Nous avons commencé par toutes les capitales européennes, ensuite nous sommes partis vers le marché nord-américain.

D’abord par le Canada, puis les États-Unis. En début d’année nous avions commencé à développer l’Asie avec trois grandes villes : Bangkok, Singapour et Hong-Kong. Mais nous avons dû stopper en raison du contexte actuel.

Le secteur du tourisme et particulièrement celui de l’hébergement ont été fortement impactés pendant la crise du COVID-19, comment avez-vous vécu cet épisode ?

Forcément, nous avons été très impactés. Pour deux raisons : d’abord, les commerces partenaires, que l’on appellent les “Nanny”, étaient fermés en fonction des confinements de chaque pays. En plus de tout cela, les transports étaient à l’arrêt, donc nous n’avions plus de voyageurs. Pendant cette période, nous avons préféré mettre Nannybag “en veille” pour éviter qu’il y ait des problèmes de dépôt de bagages.

Est-ce-que les différents confinements mis en place ont selon vous accélérer le recours aux méthodes digitales dans le pays ?

Nous étions déjà digitalisés avant la crise. Les “Nanny partenaires” ont déjà une application mobile pour gérer leur activité et les clients utilisent également ces plateformes digitales. En revanche, nous remarquons que les commerces se sont digitalisés davantage, notamment pour vendre leurs produits.

Pour ce qui est de notre gestion interne, il y a eu une évolution sur l’aspect managériale au niveau de la gestion des effectifs. Nous travaillons à distance et nous avons dû mettre des outils de suivi et de process.

Quels sont vos projets pour l’année 2021 ?

Nous sommes peu optimistes sur une potentielle reprise du tourisme en 2021.

Nous visons plutôt 2022 pour retrouver “un tourisme à l’état normal”. Néanmoins nous avons développé un nouveau service d’envoi de bagage, le “Door to door”, qui propose de l’envoi de bagages. Si vous prévoyez par exemple de faire Paris / New York, vous aurez la possibilité de partir de chez vous sans vos bagages, et vos valises vous attendent au pied de votre lit d’hôtel à New York. Cela évite de patienter dans les files d'attente à l’aéroport ou de payer des suppléments pour vos bagages lors de vos réservations de billets. Pour cela, nous travaillons avec les hôtels et des partenaires comme DHL, UPS etc. Nous gérons la logistique et nous pouvons envoyer les bagages en 24 heures.

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