Jusqu'alors, l'émergence d'Olivier Giroud chez les Bleus n'était contestée que par une poignée de grincheux. Mais le temps de jeu peu reluisant de l'attaquant savoyard en Premier League (21 matches avec Arsenal en 2017, cinq apparitions avec Chelsea en 2018) a renforcé le crédit de la vindicte populaire.

Devenu vendredi le cinquième buteur de l'histoire des Bleus (30 réalisations), Giroud n'a pas réussi à masquer certaines difficultés.

Giroud, l'éternel paria

Après la défaite contre la Colombie (2-3), Pierre Ménès a fustigé les déchets techniques de l'attaquant des Blues : "OK, il (Giroud) a marqué un but en ayant du flair et en profitant de la bourde d'Ospina. Mais derrière, quelle pauvreté dans le jeu ! (...) Certes, les stats parlent pour lui, mais on ne m'empêchera pas de penser qu'avec Giroud comme avant-centre, l'équipe de France n'ira pas bien loin dans les grands matches".

Le consultant de Canal + semble occulter un détail : depuis deux ans, les choix en matière de buteur de métier semblent limités en équipe de France. Benzema écarté, Gignac exilé au Mexique, Deschamps a dû piocher dans ses réserves et convoquer Wissam Ben Yedder. Inexpérimenté au niveau international, l'ex-Toulousain sait toutefois qu'il ne sera au mieux qu'un joker.

Il faut rendre à César ses lauriers

Giroud (70 sélections) l'a, cette expérience. Et en plus, il est efficace ! "Giroud est tout le temps critiqué, mais le mec a quand-même mis autant de buts que Jean-Pierre Papin et Just Fontaine en équipe de France ! Encore un but et il égale Zidane !", s'exclame le journaliste de RMC, Benjamin Ramaget. L'art d'appuyer ou ça fait mal.

Or, un trente-et-unième but international d'Olivier Giroud suffira-t-il à le faire passer du statut de "pied carré" au rang de joueur de niveau international ? Il serait temps de rendre à César ses lauriers. Mais, alors que le Mondial 2018 en Russie pourrait être son dernier rendez-vous international, son avenir ne dépend plus que de lui.

Ben Yedder, le facteur X des Bleus

Une grosse inconnue subsiste néanmoins : elle s'appelle Wissam Ben Yedder. Auteur d'un doublé contre Manchester United, lors des 1/8e de finale de Ligue des champions, le buteur du FC Séville a tapé dans l'oeil du sélectionneur, Didier Deschamps. Sa polyvalence et son profil très atypique sont des curiosités qui pourraient s'avérer utiles lors de la coupe du Monde.

Aujourd'hui 24e homme du groupe France, Ben Yedder est dans les starting-blocks. Reste à savoir si Deschamps osera placer Giroud (20 buts depuis 2014) en concurrence directe avec un autre avant-centre de métier, comme à l'époque où Benzema régnait en maître sur le front offensif tricolore. C'est aussi nécessaire que risqué.