L’hypothèse d’une victoire hypothétique de Mélenchon ou de Marine Le Pen soulève des inquiétudes et oblige les investisseurs à regarder avec circonspection la campagne présidentielle française. Le débat autour du bilan des réformes des impôts et de la dette française s’invite dans la campagne française car la plupart des investisseurs en #France sont étrangers. Il y a une règle d’or en économie qui dit que lorsqu’il y a un risque éventuel dans le remboursement des fonds prêtés, l’investisseur doit se prémunir en amont en demandant une prime de risque à l'emprunteur qui se traduit par une hausse des taux d’intérêt. Voilà pour l’analyse de base.

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Les #Marchés financiers ont horreur de l’incertitude et de l’indécision or, dans cette campagne présidentielle, les conditions de réalisation des premier et deuxième tours de la présidentielle sont marquées une incertitude radicale. Le véritable problème est : comment rassurer les marchés, tout en permettant aux Français de voter sans que les taux d’intérêts ne partent à la hausse. En 1981, la victoire de François Mitterrand a soulevé les mêmes questions et la France s’en est pas mal sortie avec la libéralisation de l’économie à partir de 1983.

La panique financière est-elle justifiée ?

La panique financière repose ici sur un simple sentiment et sur une Europe que l’on ne souhaite pas disloquée. Mélenchon demande que l’on renégocie les traités, Marine Le Pen arrive sur cette même pente et parle de moins en moins du Frexit (sortie de la France de l’Union Européenne).

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Le problème est que dans notre pays le débat économique pendant la campagne présidentielle est occulté par le débat idéologique. La véritable question de l’économie française est la compatibilité à établir entre une offre insuffisante et une demande qui existe mais qui n’a pas les moyens de s’exprimer à cause d’un pouvoir d’achat déclinant. La plupart des entreprises françaises commencent à rétablir leurs marges mais à un niveau insuffisant comparé à celui des entreprises allemandes. Le coût du travail et les charges élevées sont des éléments importants mais insuffisants pour expliquer la place moyenne de l’économie France dans le Monde. Notre marché immédiat est l’Europe, nous pouvons mieux faire en fournissant des produits intégrant des caractéristiques comme la qualité en dehors des produits de luxe dont nous avons l’habitude. Il n’est pas normal que la France, première ou deuxième agriculture européenne, soit incapable de construire une industrie de transformation des produits de grande consommation et que l’on soit obligé d’importer des produits venant de pays comme la Suisse (Nestlé) et les Etats Unis (Général Foods).

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Le numérique s’intègre progressivement dans l’économie française. Il y a d’énormes fractures territoriales qui existent. La France a des faiblesses mais aussi des atouts, comme les infrastructures. La France n’a pas à craindre le nouveau visage de la mondialisation qui s’invite dans les territoires grâce à l’internet grâce aux nouveaux modèles de consommation imposés par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazone). Ces grands groupes diversifient leur production. Certains se lancent maintenant dans la Banque mobile comme Facebook, en obligeant nos banques traditionnelles à considérer ce nouveau secteur en croissance. Cette mondialisation imprègne les territoires mais pas suffisamment les esprits de nos hommes politiques français qui continuent à penser local alors qu’il faut établir un lien net et fort entre le local et l’extérieur.

Macron recherche l'efficacité mais sa position idéologique est instable

Dans la campagne électorale, Macron est peut-être celui qui a le mieux compris cette révolution (comme l’indique le titre de son livre), mais il n’arrive pas, pour des raisons de positionnement politique « ni Droite, ni Gauche », à expliquer clairement aux Français les enjeux des cinq et dix années à venir. Il est lié par son positionnement idéologique et préfère parler de façon abstraite d’efficacité économique au lieu de décliner de façon réaliste deux ou trois aspects de cette efficacité économique de l’économie française. La panique est-elle justifiée ? Rien n’est moins sûr car ni Mélenchon, ni Marine Le Pen (à moins d’une révolution idéologique de grande ampleur de la société française) ne gagneront l’élection même si l’un d’entre eux est présent au second tour. Marchés financiers dormez en paix, la dette française n’est pas en soi un boulet. La France reste compétitive si on tient compte du coût de l’heure de travail dans l’industrie en euros. En 2016, en France, le coût de l’heure de travail était de 38€, 40.4€ en Allemagne et 33€ en moyenne dans la zone euro, selon les informations des Echos du 28 mars 2017. #Emmanuel Macron