S'il existe un fait majeur qui a marqué l'ouverture hier (17 Juillet 2016, Ndlr) du 27ème sommet de l'union africaine à Kigali au Rwanda, c'est la présentation par la présidente sortante de cette organisation panafricaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, du premier passeport africain avec pour premiers heureux récipiendaires les présidents Paul Kagamé du Rwanda et Idris Deby du Tchad.

 

Selon ses initiateurs, ce passeport panafricain pourra garantir à son détenteur l’entrée sans visa, le séjour et la libre circulation des citoyens africains à travers les 54 Etats du continent. Les autres chefs d'Etats et officiels recevront leur passeport au cours du sommet. Il faudra souligner que ce projet de passeport de l’Union africaine a été adopté par le Comité des représentants permanents (COREP) de cette organisation au cours de sa 32ème session ordinaire à Kigali au Rwanda en prélude de ce 27ème sommet de l’UA.

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En tant qu'un document de circulation , il devra être délivré en 2018 par chaque gouvernement à ses citoyens afin de permettre à son porteur de voyager à l'étranger. Pour le moment, ne peuvent prétendre à l'obtention de ce passeport africain que les Chefs d'Etat, ministres des affaires étrangères et des diplomates de hauts rang. Y-a-t-il une crainte d'étendre de sitôt son obtention auprès des autres millions d'africains ?

 

Pourra-t-il servir le simple citoyen africain surtout quand on sait que plusieurs africains sont souvent contraints aux migrations clandestines ? Que dire par exemple des pays de l'#Afrique centrale disposant déjà d'un passeport dit de la Communauté Économique et Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC) avec l'obligation d'obtenir le visa pour l'entrée dans certains pays de ladite zone ? La libre circulation des biens et personnes au sein d'un regroupement régional ou continental relève de l'aboutissement de ce processus au sein des Etats et leurs peuples respectifs.

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Elle devra passer par des Accords, traités et protocole entre les différents Etats. Est-ce le cas avec les pays africains ?

 

Si nous prenons par exemple le cas de l'Europe avec l'Accord de 1985 et du Protocole de 1990 signés à Schengen au Luxembourg par les pays membres de l’ancienne Communauté Economique Européenne, tout cela était l'aboutissement d’un long processus préparé d'avance afin de pallier à tout manquement pouvant découler de la libre circulation des personnes et des biens. Ceci devait passer en 1992 par le traité de Maastricht qui institua la citoyenneté européenne et lança l’Union économique et monétaire  .

 

Dans le but de préserver l'autonomie économique de chaque Etat, ce traité avait imposé aux futurs membres de la zone Euro l’obligation de respecter des critères définis fondés sur les indicateurs économiques. Les parlements nationaux avaient ainsi été consultés pour ratifier les textes dans le processus de construction de l’Union Européenne et de la libre circulation des individus dans l’espace Schengen.

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Les populations nationales ont été longuement et régulièrement sensibilisées.

 

Pour le cas des pays africain, il n'en est pas le cas, tout s'est décidé au niveau des dirigeants de l'Union Africaine et certains chefs d'Etats africains. C'est la raison pour laquelle l'initiative d'un passeport panafricain, bien qu'elle soit louable, ne se limite jusqu'ici qu'entre les Chefs d'Etat, ministres des affaires étrangères et des diplomates de hauts rang africains. Et que dire lorsqu'ils ne seront plus en fonction ? Et le peuple lambda dans tout ça ?

 

Le passeport panafricain aura du temps pour se retrouver entre les mains du simple citoyen africain car, la libre circulation officielle des personnes constituent une épine pour les pays moins peuplés et riches. 

 

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