Thierry Fermaux l'avait annoncé : le festival de Cannes va vivre une nouvelle ère en 2018. Lors d'une conférence de presse le lundi 7 mai, il est revenu sur les changements. Et pour ceux qui vivent pour la première fois le prestigieux festival, le premier de ces changements est un peu dur à avaler : plus de selfies, ni de photos sur le tapis rouge. Terminées donc les 10 secondes de gloire sur Facebook au milieu des stars. Autre changement : plus de privilèges pour les journalistes. Les projections de presse avant les galas ont donc été supprimées.

#meetoo s'invite à Cannes

Un an après la retentissante affaire Weinstein, le mouvement #meetoo s'est invité à la fête : samedi, une montée des marches 100% féminine est organisée. "Ce sera une montée dédiée au femmes du Cinéma, une centaine" a précisé le sélectionneur du Festival. D'ailleurs la présidente du jury, on le sait, est une femme cette année : le somptueuse Cate Blanchett. Un #meetoo présent également dans les sacs donnés aux festivaliers : en plus des magazines et autres programmes, un flyer en forme de ticket, contre le harcèlement.

"Comportement correct exigé" peut-on lire "ne gâchons pas la fête, stop harcèlement" avec un numéro de téléphone cannois pour les victimes et témoins de violences sexistes ou sexuelles.

Du renouveau dans la sélection

Thierry Fermaux avait également annoncé ce changement : moins de cinéastes confirmés, plus de petits nouveaux comme Eva Husson ou Yann Gonzalez. Beaucoup de films de l’étranger également avec des thèmes souvent difficiles. L'Egypte, le Liban, la Russie vont monter les marches avec des films sur la guerre, la lèpre, la mort.

Mais les grands de ce monde sont bel et bien présents. On attend avec impatience la soirée d'ouverture irano-espagnole avec le film Everybody Knows. Le cinéaste iranien Ashgar Farhadi a passé trois ans en Espagne pour s'imprégner de la culture et ses stars Penelope Cruz et Javier Bardem sont les têtes d'affiche de ce drame. Spire Lee, absent depuis 1991, revient avec BlacKkKlansman, film inspiré d'une histoire véridique des années 70. Lars Von trier, personne non grata depuis sa sortie douteuse il y a sept ans, va monter les marches avec son film The house that Jack Built, mais hors compétition.

Les films français sont aussi bien présents. On commence d'ailleurs la quinzaine avec Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, un film sur l'amour gay des années 90. En deuxième semaine, les stars françaises se croiseront sur le tapis rouge : Vanessa Paradis, Marion Cotillard,...

Exit Hollywood

Mais le grand absent cette année est bien Hollywood. A part Spike Lee et David Robert Mitchell avec son film d'horreur It Follows, seul Disney est venu sur la Croisette et hors compétition avec en primeur mondiale Solo : a Star Wars Story. On dit dans les couloirs que Thierry Frémeaux souffrirait de l'absence d'Harvey Weinstein qui fournissait les années précédentes pléthore de films hollywoodiens.

Malgré tout, de grands cinéastes américains seront là, plus pour discuter avec les festivaliers qu'autre chose. Ainsi Christopher Nolan, réalisateur de Dunkirk donnera une leçon de cinéma samedi en dissertant sur 2001: Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick pour souligner le 50e anniversaire de la sortie du chef-d'oeuvre. Martin Scorsese, lui, va recevoir le Carosse d'Or, prix d'excellence remis par la Société des réalisateurs de films lors de l'ouverture de la Quinzaine des réalisateurs. Bref: du beau monde à croiser sur la Croisette.

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