Coup de tonnerre : le président autoproclamé de la république d'Ambazonie, Sisiku Julius Ayuk Tabe, a été interpellé avec certains membres de son "gouvernement". Ces événements se sont déroulé le 6 Janvier 2018 à Abuja au Nigéria, au lieu dit Nera Hôtel. Les populations du Cameroun ont appris la nouvelle avec un vent de frénésie et de soulagement. En effet, il s'était autoproclamé président de la "république d'Ambazonie" en Juillet 2016, et s'était ainsi créé un gouvernement dont la plupart des membres provenaient de la region du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Publiant régulièrement des posts sur les réseaux sociaux, ce dernier bénéficiait des encouragements et du soutient financier de la diaspora anglophone. C'est ainsi que ce président virtuel a vu augmenter au fil du temps le nombre de ses partisans aux vues des revendications de certains dissidents.

Le Cameroun, comptant dix régions aussi variées les unes que les autres, a cette capacité de pouvoir se venter de compter en son sein environ 240 dialectes. Certes les langues officielles du Cameroun sont principalement le Français et l'Anglais, mais la cohabitation reste des plus libres et des plus harmonieuses.

La plupart des revendications étant souvent recasées dans un volet administratif, ces réclamations ont fini par se terminer sous formes de grèves menant à des arrestations de toutes parts. En outre, le secteur judiciaire, celui de l'éducation et même celui de l'emploi ont vu les ressortissants de cette région mener des batailles contre les institutions du pays. La grève des avocats, statuant entre autres sur un plébiscite lié aux traductions en langue anglaise de divers documents (initialement inscrit en français), a vu un dénouement effectif de la restitution d'une partie de leurs doléances.Toutefois, l'intégration plus ou moins ponctuelle des enseignants de langue anglaise dans un processus égalitaire de chance et de région, a permis à l'Etat du Cameroun [VIDEO] de répondre positivement à cette demande.

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Certains dissidents enfermés (suite à l'accumulation de certains méfaits non liés aux revendications) à la prison centrale de Nkondengui de Yaoundé ont ainsi pu être libérés quelques mois plus tard sur décision du chef de l'Etat.

Déjà compromis avec la guerre de l'extrême-Nord avec Boko Haram, le gouvernement camerounais a une fois de plus vu la montée d'extrémistes se revendiquant sécessionnistes; qui ont, eux, décidé de créer leur propre République. Cet état des choses était dû au malaise de certains de ces citoyens anglophones qui se sentaient rejetés et parfois marginalisés par l'autre grande partie dite région francophone. C'est donc ainsi qu'on a pu constater la présence de petits groupuscules de personnes qui se sont formés afin de constituer un clan bien restreint avec des armes artisanales comme objets de défense. Dans l'optique de se faire une place dans cet échiquier territorial, ces terroristes ont commencé à sévir dans ces zones en tuants quelques gendarmes et forces de sécurité camerounaises.

Par ailleurs, malgré cette arrestation en grande pompes du leader de l'Ambazonie, il a été entendu qu'un nouveau leader s'est prononcé la nuit du 10 Janvier 2018 comme étant le nouveau président de la république d'Ambazonie. Il se nomme Bogda Harmony, avocat de profession, et a autrefois été chargé de la gestion des affaires courantes de l'ancien gouvernement du leader déchu.

Une arrestation quelque peu liée à un nouvel idéal patrimonial

Se réfugiant la plupart du temps dans la grande forêt frontalière du Nigéria, ces dissidents qualifiés de terroristes ont tour à tour mené des attaques dans les zones de la Manyu et de Dadi en laissant de nombreux morts du côté des forces de sécurité. Les populations présentes, ayant constaté le désastre, ont massivement abandonné les villes attaquées et se sont réfugiées dans des petits camps de fortunes. L'Etat camerounais, soucieux du bien être de chacun de ses citoyens, a veillé à ce que ces populations abandonnées puissent se nourrir dignement et vivre décemment en attendant l'arrêt de ces troubles. Le Nigéria, qui mène conjointement cette lutte acharnée contre le terrorisme (Boko Haram entre autres) avec le Cameroun, vient une fois de plus d'accentuer cette relation bilatérale en accueillant le haut commissaire de la République fédérale du Nigéria en la personne de Lawan Abba Gashagar, envoyé spécial du président nigérian Muhammadu Buhari.

Venu consolider les relations entre les deux pays le 7 Décembre 2017, il s'est entretenu avec le président de la république son excellence Paul Biya et a assuré que le Nigéria était également favorable au retour rapide à la paix au Cameroun et à la préservation de son intégrité.

Très présent sur le net, Sisiku Julius Ayuk Tabe, cet ingénieur informaticien, s'est vu refuser une audience au Royaume-Uni car celui-ci ne reconnaissait pas ce gouvernement fictif. Depuis son arrestation par certains services de renseignements et de sécurité nationale, il reste enfermé dans les geôles de l'Etat du Nigéria et attend son extradition qui ne devrait pas tarder. Par ailleurs, selon la convention relative au statut des réfugiés (ratifié ici par le Nigéria), l'article 32 relatif à l'expulsion s'inscrit de la sorte : "les Etats contractants n'expulseront un réfugié se trouvant régulièrement sur leur territoire que pour des raisons de sécurité nationale ou d'ordre public . Parallèlement, le conseil de l'ordre africain menace de trainer le Nigéria en justice s'il ne libère pas les sécessionnistes arrêtés, dans un courrier adressé le 8 Janvier 2018 signé par le président Hannibal E. Uwaifo. De prime abord, l'ONU suit de très près la prochaine expulsion de ce président virtuel d'Ambazonie vers le Cameroun et soutient ouvertement les démarches entreprises à cet effet par celui-ci. Les populations de la ville de Buea ont, quant à elles, refusé de prendre part à l'ordre de grève visant à participer au concept de "ville morte" lancé après cette prise du leader. Ce refus imprime ouvertement l'opinion de certains citoyens anglophones friands de paix, sur le principe du vivre ensemble et de la cohésion sociale dans la région du sud-Ouest camerounais.