L'art performance au Cameroun est l'une des démonstration de l'esprit créatif des artistes dont certains riverains commencent peu à peu à s'approprier dans leur quotidien. Le festival RAVY (rencontre d'arts visuels de Yaoundé) 2018, s'est ainsi tenu du 23 au 29 Juillet 2018, comptant de nombreuses articulations distinctes dans divers domaines de compétences artistiques des arts visuels. La présence d'artistes venus de plusieurs pays internationaux, a captivé le public venu nombreux découvrir ces arts visuels qui ne cessent de se faire une place dans cet échiquier universel qu'est l'art en général.

Publicité
Publicité

La perfomance étant très présente dans ce libellé culturel, l'artiste Michel Mohamed Bitimbhe, s'est quant à lui grandement fait ressentir dans cet assemblage multiculturel assimilé à l'action performative artistique. Inutilement conçu et initié par l'artiste performeur Serge Olivier Fokoua (en association avec Palettes du Kamer), le festival RAVY a fêté ses 10 ans en cette édition anniversaire à Yaoundé.

Publicité

Souvent quantifié dans un registre élitiste pour certains, cet art (performance) reste et demeure sans véritable descriptif pour ses éloges à travers le monde de l'art. Peu connu en Afrique et légèrement appréciée car elle soulève des inquiétudes, la performance artistique malgré tout, impose son pluralisme culturel et une certaine gestuelle prépondérante, quelquefois logée au creu de l'émoi spirituel de son percepteur.

Que ne dénote-t-on pas facilement à travers un discours ou une analyse descriptive mieux régentée? Pourquoi user de l'art performance pour enfreindre le pas vers l'illustration de certaines problématiques? Est-ce réellement important pour nos sociétés africaines d'avoir cet art appelé performance ? S'indignent souvent les habitués des arts plus faciles à capter comme l'art musical, le cinéma, ou encore la peinture.

Michel Bitimbhe de son côté, ne pressent son expression qu'à travers la performance comme il le dit tout haut, face à ces doutes quelquefois imposés par ses pairs du Cameroun.

"Comme tout artiste à travers mon art, je voudrais divertir, je voudrais poser les problèmes qui minent notre quotidien et ainsi créer chez l'autre, cette forme de questionnement qu'est celui de faire prendre conscience. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je traite de l'environnement à cette énième édition". Répondra Michel Bitimbhe à propos de sa perception de cet art nouveau au Cameroun qui l'habite en permanence selon ses dires.

Publicité

Ce médium artistique devenu quasi incontournable de part ses prestations physiques, se rapproche communément de son autonomie surréaliste vers certaines accointances, qui pour certains avertis, subjuge matériellement chaque pan de son expression. La ville de Yaoundé dans sa pluralité conceptuelle, a une fois de plus fait vibrer cette frange culturelle que représente ces émulateurs d'arts visuels.

Michel Bitimbhe sans heurt recrée l'environnement vital

Diplômé en droit de l'Université de Yaoundé II à Soa, ce jeune artiste de 33 ans, responsable d'une entreprise et administrateur du festival RAVY 2018, milite pour la protection de l'environnement et a tenu à élaborer sa stratégie lors de cet événement majeur.

Publicité

Sa performance artistique au laboratoire OTHNI (centre de théâtre de Yaoundé) le 25 Juillet 2018, a portée sur cette implosion que subit magistralement la nature suite à la destruction de son environnement. L'usage des bouteilles en plastique lors de sa performance, en ont été la preuve irréfutable que le problème reste ponctuel et d'actualité. Cette démonstration censée réveiller les consciences est un message à l'endroit des pouvoirs publics et à chaque individu ayant une emprunte terrestre responsable.

"J'ai toujours eu une très bonne idée du festival RAVY que je vois grandir d'avantage. C'est désormais une plateforme qui compte dans le monde et devient un véritable laboratoire qui déniche les artistes et les met en orbite". Va inlassablement répéter cet artiste soucieux de son environnement et en perpétuelle quête de lui-même, à propos de ce festival qui commence à s'implanter dans le milieu de l'art visuel international. Tout en citant les traces des plus influents acteurs camerounais de ce milieu, en l'occurrence Christian Etongo, Snake (de la compagnie Zora Snake), ou encore Serge Olivier Fokoua, Michel dit également vouloir s'impliquer à tisser de véritables partenariats avec d'autres pays africains et même occidentaux, ceci dans le but de croître le quota d'artistes afin qu'il soit mieux représenté aux prochaines éditions (biennale), tout en s'étendant d'avantage sur la durée.

Le festival RAVY 2018, un levier d'expression pour les artistes

Les arts visuels commencent minutieusement à prendre corps au sein des habitudes des passionnés des événements culturels à Yaoundé. En effet, des centres culturels tels que le Musée la Blackitude, l'Institut Goethe, le Laboratoire OTHNI, le centre culrurel O'Botama, la galerie d'art contemporain, ou encore le village du festival appelé "Ah bon hein ", ont permis à ce que l'effectivité de l'ensemble des prestations, soient mise en lumière. Loin d'être là seule discipline présente, l'on a pu avoir d'autres displines telles que la peinture, la sculpture, l'installation, la vidéo ou encore la photographie. Les pays étrangers connus et invités étaient le Canada, la France, la Finlande, la Suède, le Japon, ou encore le Gabon. Les prestations ont été des plus nombreuses notamment celles de Hiroko, Tomasz Szrama, Shannon Cochrane, Ruth Belinga, ou Salifou Lindou qui marqueront les esprits.

L'affluence à ces prestations scéniques se sont majoritairement faites dans des endroits clos, afin d'éviter les confrontations avec les forces de l'ordre, car le Cameroun traverse actuellement une crise identitaire dans quelques régions du territoire. Michel Bitimbhe, nouveau promu dans cet art visuel quelque peu mortifié par des indigents du domaine, espère encore développer son sens de l'entreprenariat dans ce domaine dans les années à venir. Attendu en Novembre 2018 au festival de performance " Perform'action " (2 e édition) de l'artiste Christian Etongo, Michel espère une fois de plus partager ses émotions avec le public invité.

Ne manquez pas notre page Facebook!
Lire la suite