Depuis Aix-la-Chapelle, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont paraphé mardi, en toute fin de matinée, le texte qui scelle une avancée considérable des relations entre la France et l'Allemagne. Un traité qui est déjà largement contesté par l'extrême-droite dans les deux pays où beaucoup y perçoivent une véritable perte de souveraineté nationale.

Il faut dire qu'à tout juste quatre mois des élections européennes prévues en mai prochain, Emmanuel Macron et Angela Merkel jouent le coup de la proximité historique entre Paris et Berlin !

Les deux dirigeants ont en effet acté la mise en place de dispositions nouvelles en faveur d'une relation franco-allemande plus coopérative, censée porter le projet d'une Europe unie face au nationalisme.

Un couple franco-allemand qui s'assume

Signé 46 ans après le fameux traité « de l’Elysée » conclu entre De Gaulle et Konrad Adenauer, cette nouvelle monture consacre pour l'essentiel une véritable convergence entre les politiques économiques, étrangères et de défenses des deux alliés !

De plus, Paris et Berlin actent la mise en oeuvre d'une coopération beaucoup plus soutenue dans les régions transfrontalières, tout comme la mise en place d’une "assemblée parlementaire commune" de cent députés.

Angela Merkel a d'ailleurs décrit le moment comme historique dans la mesure où il pouvait servir de socle à la relance de l'Europe. En effet, France et Allemagne s'appuient sur le principe d'une "clause de défense mutuelle" en cas d’agression.

Des moyens communs pourront ainsi être déployés lors d'éventuels attentats, mais encore Paris et Berlin travailleront désormais main dans la main sur de grands programmes militaires. L'Elysée souligne ici une avancée notable et en appelle à plus d’implication des Allemands sur la défense, là où ils sont longtemps restés attachés à une tradition pacifiste.

Une avancée contestée

A noter bien sûr que le traité est signé dans un contexte trouble où les deux chefs d'Etat sont pour le moins fragilisés dans leur pays respectif. La chancelière ne briguera pas de nouveau mandat et devra céder sa place à l’automne 2021, tandis que le président français reste plombé par le mouvement des Gilets jaunes toujours soutenu par une majorité de Français.

Plus d'une centaine de protestataires ont d'ailleurs fait le déplacement mardi dans la toute petite ville allemande. Objectif affiché, crier leur mécontentement vis-à-vis des dispositions consacrées par le traité qu'ils jugent être une perte de souveraineté nationale. Marine Le Pen qualifiait même l'événement de "petit coup en douce" du chef de l'Etat pour affaiblir un peu plus la France. La patronne du Rassemblement national allait même jusqu'à prêter à l'exécutif l'idée d'un partage avec l'Allemagne du siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l’ONU.

Une affirmation dénoncée par Emmanuel Macron.

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