L'organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF) a publié, en décembre dernier, son bilan annuel des violences commises à l'encontre les journalistes dans le monde. Après trois années de baisse, les agressions sont en hausse, dénonce RSF.

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En 2018, 80 journalistes ont été tués à travers le monde, 348 sont en détention et 60 sont toujours retenus comme otages.

L'assassinat très médiatisé du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en octobre dernier, ravivait l'indignation face à la répression des journalistes dans le monde.

Des chiffres inquiétants

Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, a déclaré : "Les violences contre les journalistes atteignent un niveau inédit cette année; tous les voyants sont au rouge".

L'année 2018 a été particulièrement meurtrière pour les journalistes.
L'année 2018 a été particulièrement meurtrière pour les journalistes.

Les résultats sont frappants. 80 journalistes journalistes ont ainsi été tués dans l’exercice de leurs fonctions, ce qui représente une hausse de 8% par rapport à l'année précédente. Les pays les plus meurtriers pour le journalisme sont la Syrie (11), le Mexique (9), le Yémen (8), l'Inde (8). Les États-Unis font leur entrée dans le classement , avec six morts, notamment après à la fusillade contre la rédaction du "Capital Gazette" en juin dernier.

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Un assaillant avait attaqué ce média local du Maryland à l’arme à feu, tuant quatre journalistes et une assistante marketing.

Le nombre de journalistes emprisonnés est également en hausse. Il y a actuellement au moins 348 journalistes détenus, contre 326 en 2017. Une hausse de 6.7% donc, traduisant une violence inédite contre la liberté de la presse. Cinq pays détiennent à eux seuls plus de la moitié des journalistes emprisonnés dans le monde.

La Chine reste "la plus grande prison du monde", comme la désigne RSF, avec 60 journalistes détenus. Suivent ensuite l'Égypte (38), la Turquie (33), l'Arabie Saoudite (28) et l'Iran (28).

Le nombre d’otages a enregistré la hausse la plus importante, avec +11% de journalistes en captivité en une année. 60 journalistes sont ainsi actuellement retenus en otage, contre 54 l’an dernier. À noter que cinquante-neuf d’entre eux le sont au Moyen-Orient, à savoir en Syrie, en Irak ou au Yémen.

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Quelle sécurité pour les journalistes ?

Face à cette augmentation croissante des violences contre les journalistes, Reporters sans frontières demande la nomination d’un représentant spécial pour la protection des journalistes à l’Organisation des Nations Unies. En 10 ans, plus de 780 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Un statistique qui ne va pas aller en s'arrangeant.

"Il est urgent pour les journalistes de pouvoir effectuer leur travail dans un environnement sécurisé et de mettre fin à l’impunité contre les auteurs d’exactions à leur encontre", s'indigne RSF.

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