Cela va faire quelques jours que le journaliste correspondant international de Canal 2 International à Paris a été enlevé et remis aux mains des forces de maintien de l'ordre du Cameroun. A cet effet, le BEN (Bureau Exécutif National) du SNJC (Syndicat National des Journalistes du Cameroun) a fait un communiqué (Urgent N°1) le 04 avril 2020, suite à cette arrestation qu'elle a qualifiée d'abusive et a aussitôt demandé sa libération sans conditions.

Deux jours plus tard, toujours sans nouvelles du journaliste Eric Golf Kouatchou, le président national du SNJC, Dénis Nkwebo a ainsi fait un deuxième communiqué (Urgent N°2), en dénonçant une fois de plus cette arrestation jugée inadéquate.

Dans le second communiqué, le président du SNJC a relativement recommandé aux membres du syndicats de toutes les régions de ne pas faire de couverture médiatique le 06 avril 2020, en protestation à cet acte. Malheureusement pour le syndicat il a été constaté que cette mesure pour la lutte syndicale des droits des journalistes, n'a pas été entièrement prise en compte par certains membres. "Que le gouvernement le veuille ou pas, Eric Golf sera libéré" a clamé Dénis Nkwebo.

La libération d'Eric Golf Kouatchou doit être sans conditions selon Dénis Nkwebo

Le journaliste, enseignant en journalisme et membre du SNJC, Charles Fongang, s'est d'ailleurs indigné contre ce laxisme présent chez certains de ses confrères.

Malgré l'appel à l'action syndicale, certains journalistes n'ont pas voulu y prendre part.

"Au cours d'un entretien avec Elie Smith sur Canal 2 English, je soutenais que les patrons de presse sont les premiers ennemis de la presse. 'Media owners, numbers one ennemies or the press'. Cela s'est confirmé avec le communiqué attribué à la direction générale de Canal 2...Les journalistes sont aussi pitoyables que le Coronavirus. Nous là on est de loin pires que les patrons de presse. Comment comprendre nos comportements, nos sorties, nos actes chaque fois que le profession est attaquée ? Chacun ne pense qu'a son propre intérêt, transformant la moindre opportunité en position de rente", a-t-il clamé dans les réseaux sociaux.

Le SNJC pour un arrêt des poursuites

Dénis Kwébo invité à la matinale d'ABK Radio (émettant à Douala à la fréquence 89.9 FM) le 8 avril 2020, a notamment assuré qu'il sera tôt ou tard libéré. Le président du SNJC a affirmé que le journaliste enlevé jusqu'à présent ne sait pas ce qui lui serait reproché.

Cependant, Dénis Nkwebo a continué en disant que tous les acteurs des réseaux sociaux, qui seraient devenus "des procureurs de circonstances" le savent tous.

Concernant le soutien de ses confrères et membres du Syndicat National des Journalistes du Cameroun, ce dernier s'est dit compréhensif du fait que ceux-ci auraient peur de perdre leur emploi et n'aient pas voulu être solidaires. "On ne les juge pas, on les comprend", a-t-il fini. Au micro d'ABK Radio, Dénis Nkwebo a terminé en affirmant avoir été en contact avec le Syndicat des Journalistes de France qui ont qualifié le travail d'Eric Golf Kouatchou d'irréprochable et de professionnel.

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