Ce nom sonnera familier pour tous les fans du célèbre jeu vidéo éponyme dont le premier opus est sorti il y a 20 ans déjà. Dans un gameplay plutôt bien léché pour l’époque, Medal of Honor proposait aux aficionados de la manette d’incarner un G.I. surentraîné pendant la Seconde Guerre mondiale. Un véritable succès pour les développeurs de chez Dreamworks Interactive, qui pouvaient se targuer d’avoir significativement gonfler l’engouement des gamers pour le FPS (first-person shooter, ou jeu de tir à la première personne).

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Un docu-fiction signée Robert Zemeckis et James Moll

Cependant, ne vous y trompez pas : la série Medal of Honor n’est pas une adaptation de la saga virtuelle du même nom [VIDEO].

Il s’agit d’un docu-fiction en huit volets sur les soldats américains qui ont reçu la plus haute distinction militaire qui soit aux États-Unis. On pouvait espérer beaucoup de cette nouvelle série Netflix [VIDEO]signée Robert Zemeckis (réalisateur des mythiques Retour vers le futur et Forrest Gump) et James Moll, oscarisé en 1998 pour son très marquant documentaire sur la Shoah, The Last Days. Eh bien, on est plutôt conquis.

Chaque épisode raconte la destinée hors du commun d’un de ces combattants décorés de la fameuse Medal of Honor. L’occasion pour le spectateur de se replonger dans les différents conflits qui ont ébranlé l’histoire récente, de la Seconde Guerre mondiale à la campagne d’Afghanistan, en passant par la guerre de Corée et du Vietnam. Les reconstitutions historiques sont entrecoupées de commentaires, de témoignages et d’images d’archives.

Si les scènes d’actions immersives sont une réussite – on frissonne véritablement avec les soldats qui flirtent avec la mort –, Medal of Honor n’oublie pas pour autant sa vocation investigatrice. « Nous nous sommes interrogés sans cesse, en veillant à ce que ces histoires soient traitées avec énormément d’intégrité à chaque étape », dira James Moll. Une rigueur qui a permis de dépasser le registre du sensationnel ou de la glorification béate que l’on pouvait redouter. Bien entendu, la série n’est pas vierge de tout élan patriotique à la sauce américaine. D’aucuns le lui reprocheront sans doute. Mais à vouloir documenter un tel sujet, était-il seulement souhaitable de chercher à l’éviter ?

Un travail d’enquête méticuleux

Vous apprendrez donc sûrement beaucoup de choses en regardant Medal of Honor. Sur l’armée américaine, son fonctionnement, son histoire, ses codes, mais également sur la psychologie des soldats précipités dans des situations extrêmes. Plus encore, et bien que cela ne soit pas son intention première, la série ne manquera pas de vous interpeller sur la guerre en elle-même, son absurdité, ses contradictions.

Ainsi, à propos des motivations qui poussent un homme au sacrifice pour défendre ses compagnons d’armes, un vétéran déclarera face caméra : « Il y a une chose que vous apprenez au combat. Vous apprenez beaucoup sur l’amour. Quand vous êtes prêt à vous mettre face au feu pour vos hommes, c’est de l’amour. »

Enfin, le documentaire met largement en lumière l’après acte de bravoure. Un travail d’enquête méticuleux qui montre avec quelle humilité ces héros de guerre américains livrent leur expérience. De quoi donner aussi matière à réflexion sur la symbolique profonde de la Medal of Honor. « Elle représente généralement le pire jour de votre vie, confiera l’un des récipiendaires de la prestigieuse médaille. Nous représentons notre nation, notre armée, ainsi que tous les soldats qui ne sont jamais revenus de mission, en portant cette distinction. »