« Soyez insatiables, soyez fous. » C’est sur ces mots que Steve a terminé le désormais célèbre discours qu’il a livré le 12 juin 2005, lors de la cérémonie de remise des diplômes aux étudiants de l’Université Stanford. Il y a parlé d’amour, de mort et de perte. Un discours émouvant qui a bouleversé non seulement les gens dans l’auditoire mais aussi ses nombreux fans, qui savaient qu’on lui avait découvert un cancer un an auparavant. Depuis ses propos ont touché beaucoup gens. Sur YouTube, le discours de Steve est un hit.

Avec des millions de visionnements, c’est une des allocutions les plus populaires de la plateforme. Cela nous donne une bonne idée du culte qu’on lui vouait de son vivant, et qu'on lui voue encore. Il est d’ailleurs étonnant de constater qu’un chef d’entreprise ait suscité un tel engouement. Quel autre entrepreneur a attiré l’attention d’un aussi grand nombre de personnes provenant de milieux aussi divers que l’entreprise, l’enseignement et le grand public ? Son influence s’étend en effet bien au-delà des 40 000 employés d’Apple.

Devant le siège social d’Apple, des fleurs, des pommes, des photos, des lettres et toutes sortes d'objets] forment un immense mémorial en hommage à Jobs. Trois jours après le décès de Steve, ils auraient pu recouvrir tout un terrain de tennis.

Le visionnaire

Comment Steve a-t-il fait pour jouir d’un tel prestige, devenir un véritable gourou, être considéré dans le monde entier comme une superstar ? Comment s’y est-il pris pour battre sur son propre terrain un Bill Gates qui, via Microsoft, possédait 80 % des parts du marché de la micro-informatique et était cinq fois plus riche que lui ?

Combien sommes-nous, y compris ceux qui ne possèdent pas de produits Apple, à vénérer Steve Jobs pour ce qu’il a accompli ? Et qui ne souhaiterait pas posséder une fraction de son génie et de son leadership ? Le président Barack Obama a bien résumé les choses lorsqu’il a dit au moment du décès de Jobs que le monde venait de perdre un visionnaire : « Steve aurait considéré comme un très grand hommage de savoir que pratiquement tous les habitants de cette planète ont appris la nouvelle de son décès grâce à un appareil qu’il a inventé. » La plus grande partie de son succès a reposé sur l’innovation, et celle-ci était une composante majeure de son leadership.

Tout chef d’entreprise a le devoir de gérer l’innovation. Une entreprise qui n’innove pas est une entreprise qui ne s’adapte ni à ses clients ni au monde extérieur. Elle se fera éclipser par la concurrence ou dépasser par les progrès technologiques. Une entreprise qui n’innove pas est vouée à l’échec.

742 milliards de dollars

Si on vénère les leaders pour leur personnalité exceptionnelle, on admire les chefs d’entreprise pour leur réussite financière. De ce point de vue, la valeur boursière d’Apple Inc.

– 742 milliards de dollars – est assez éloquente. Apple est une des plus importantes sociétés de fabrication cotées en Bourse. Cette performance est d'autant plus méritante que Apple fabrique un véritable produit qu’elle doit vendre sur un marché très concurrentiel. Plus précisément, elle vend un produit dont personne n’a besoin, mais qui fait l’objet de tous les désirs et dont la marque éclipse celles de la concurrence. En termes de capitalisation boursière, les plus grandes sociétés ne fabriquent en général pas un produit devant séduire les consommateurs, ni un produit aussi complexe qu’un iMac, un iPod, un iPhone ou un iPad.

Quant aux produits de Microsoft, ils répondent certes à des besoins, mais on n’a pas le choix de les consommer ou non, car ils constituent la norme dans l’industrie. De plus, ils répondent plus à un besoin qu'ils ne suscitent un désir.

Une progression fulgurante

Le plus important dans tout cela, ce n’est pas la valeur boursière d’Apple, ni son chiffre d’affaires, ni même ses produits exceptionnels, c’est la façon dont l'entreprise s'est développée. Il ne faut pas oublier qu’Apple n’existe que depuis 1976.

Combien d’entreprises, hormis Microsoft, ont connu une croissance aussi rapide sans fusion ni acquisitions - ou presque ? Entre 1997, année où Steve Jobs a repris les rênes, et 2003, juste avant l'arrivée de l'iPod, la valeur boursière d’Apple est passée de 3 à 10 milliards de dollars. Sous la direction de Steve, Apple a progressé plus rapidement que toute autre société dans l’histoire de l’humanité. Steve Jobs n’était pas un gestionnaire ordinaire. Sa vision, sa connaissance du produit, son sens du marketing et sa profonde compréhension du consommateur étaient exceptionnels.

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