Le 24 septembre 2020, Amant Josifi, ancien conseiller auprès du ministre de la Défense d’Albanie, a reçu le prestigieux grade de docteur honoris causa. Titre remis également lors de la cérémonie à Christian Rodriguez, directeur général de la gendarmerie nationale ou encore Hamed Bakayoko, Premier ministre de la Côte d’Ivoire.

Amant Josifi a été honoré lors de cet évènement, organisé par le Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques de Paris, pour son engagement à favoriser l’action de l’Albanie au sein de l’OTAN.

L’Albanie, membre de l’Otan depuis le 1er avril 2009, a prouvé son efficacité et son dévouement grâce à ses contributions.

À l’occasion de cette cérémonie, revenons sur la coopération entre l’Albanie et l’Alliance.

Albanie et l’OTAN : Une collaboration antérieure à son adhésion

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, créée le 4 avril 1949, est une organisation politico-militaire mise en place par les pays signataires du traité de l’Atlantique nord, dont notamment la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Son objectif est de garantir la liberté et la sécurité de ses membres au travers de moyens politiques et militaires.

Les premiers rapports entre l’OTAN et l’Albanie remontent à 28 ans, en 1992, lorsque l’Albanie a rejoint le Conseil de coopération Nord-Atlantique. Ce Conseil, créé le 20 décembre 1991 par l’OTAN et remplacé en 1997 par le Conseil de partenariat euro-atlantique, était un forum de consultation composé de 25 membres : les membres de l’OTAN, la Russie et neuf pays d’Europe centrale et orientale.

Son objectif était d'appréhender les problèmes de sécurité sur le continent européen.

Par la suite, avant l’adhésion de l’Albanie au sein de l’OTAN, le pays a participé au partenariat pour la paix, le programme de coopération pratique bilatérale entre l’OTAN et des partenaires euro-atlantiques. Il permet à ces derniers de développer une relation individuelle avec l’OTAN, en fixant leurs propres priorités en matière de coopération.

L’adhésion de l’Albanie à ce programme a pu permettre d’intensifier les relations entre le pays et l’organisation.

La coopération bilatérale s’est ensuite mise en place progressivement, compte tenu de la participation de l’Albanie au plan d’action pour l’adhésion, le MAP, depuis avril 1999. Ce programme, par lequel l’OTAN donne des avis, apporte une aide et un soutien pratique spécialement adaptés aux besoins individuels des pays souhaitant adhérer à l’Alliance.

Le pays participant au MAP soumet son programme national annuel de préparation à une éventuelle adhésion.

Ce programme porte sur des questions politiques, économiques et juridiques, ainsi que sur des questions relatives à la défense, aux ressources et à la sécurité.

Dans ce cadre, l’Albanie s'est engagée à respecter les normes démocratiques et à favoriser la réduction de la corruption, la lutte contre la criminalité organisée, la réforme du système judiciaire et la promotion des relations de bon voisinage. En retour, les Alliés communiquent des informations sur les réformes envisagées et évaluent la mise en œuvre de celles-ci.

Ainsi en 2008, l’Albanie est invitée à entamer des pourparlers d’adhésion avec l’OTAN. L’Albanie, après des années de collaboration, adhère finalement à l’Alliance le 1er avril 2009.

Cette adhésion est bénéfique pour l’OTAN. En effet, l’Albanie coopère avec l’Alliance dans de nombreux domaines, en insistant particulièrement sur la réforme des secteurs de la défense et de la sécurité, ainsi que sur le soutien à une réforme démocratique et institutionnelle plus large.

L’Albanie est rapidement devenue un producteur de sécurité et un vecteur stabilisateur au-delà même de ses propres frontières, notamment grâce à son engagement dans de nombreuses missions de paix. À titre d’exemple, l’Albanie participe à la mission de formation et de conseil Resolute Support, créée en 2015 et ayant pour mission la lutte contre le terrorisme.

11 ans au sein de l’OTAN : un engagement fort

Le 1er avril 2009, l’Albanie devient membre à part entière de l’OTAN.

Une fierté pour ce pays, qui a toujours oeuvré en faveur de l'Alliance, et qui continue aujourd'hui à apporter sa contribution au sein de l’organisation.

En effet, de nombreuses personnalités politiques, comme Amant Josifi, se sont engagées à favoriser l’action de l’Albanie au sein de l’OTAN. Cet ancien conseiller politique a notamment oeuvré pour un engagement de l’Albanie en faveur de la paix et de la stabilité dans les Balkans occidentaux.

La ministre albanaise de la défense, Olta Xhaçka s’est également engagée à promouvoir la stabilité et la paix dans les Balkans afin d’assurer le développement de l’Europe : “Au cours de ces dix années, l’Albanie a sans aucun doute été aidée par son statut d’État membre de l’OTAN et a consolidé son rôle de pilier de la stabilité dans la région des Balkans", déclarait-elle en 2019 à l’occasion de la conférence internationale intitulée “Les défis de sécurité dans les Balkans et le rôle des acteurs extérieurs à l’ère de la transition euro-atlantique”.

Grâce à ses contributions, l’Albanie a acquis un statut de partenaire fiable pour les pays membres de l’UE. En effet et par ses actions, le 24 mars 2020, les ministres des affaires européennes ont donné leur accord sur l'ouverture des négociations d’adhésion avec l’Albanie et la République de Macédoine du Nord.

Enfin, après 11 ans de collaboration, l’Albanie a réussi à s’illustrer comme étant un partenaire fiable et dévoué au sein de l’OTAN.

Vers de nombreux enjeux géopolitiques à traiter

Au sein de l’OTAN, divers enjeux géopolitiques ont fait surface ces dernières années. La coopération entre l’organisation politico-militaire et l’Union européenne est source de débat en Europe.

D’un côté, certains pays, notamment les pays baltes, sont entièrement engagés dans l’Alliance et désirent entretenir l’assurance de la protection américaine.

La ministre de la défense albanaise se félicitait notamment au sujet de l’engagement et de la contribution de l’Albanie au sein de l’OTAN “ [...] grâce à notre travail et à notre contribution, nous avons réussi d’être un partenaire fiable et un atout stratégique pour l’Alliance”.

De l’autre côté, des États comme l’Allemagne et la France envisagent de développer une structure de sécurité collective autonome et indépendante des États-Unis.

Fin 2019 s’ajoute à ce débat une crise diplomatique entre les membres de l’Alliance, lorsque la Turquie débute une attaque contre les forces kurdes en Syrie.

C’est dans ce contexte que l’Albanie est choisie pour présider l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) pour l’année 2020. Le pays entend bien mener des actions efficaces et favoriser la coopération entre les États membres afin de répondre à ces enjeux géopolitiques majeurs.

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