La place lui avait pourtant été promise par les cadres du Parti socialiste, qui attendaient impatiemment sa décision. Elle était même courtisée depuis plusieurs semaines par une majorité de ses camarades. Finalement, Najat Vallaud-Belkacem a décliné la proposition de diriger le PS. Hier mercredi, au cours d'une interview accordée à l'Obs, elle a révélé qu'elle préférait s'éloigner du monde politique. Un choc pour les adhérents du parti qui n'étaient pas préparés à cette annonce. "Je sais que cela peut paraître étrange (...), mais je veux vraiment réfléchir, travailler et comprendre d'autres mondes", a-t-elle solennellement déclaré. Mais cependant, l'une de ses proches, interrogée par Le Parisien, assure que l'ancienne ministre de l'Education Nationale de Manuel Valls n'aurait pas vraiment tiré un trait sur la politique.

Seul l'avenir nous dira si Najat Vallaud-Belkacem a pris une décision définitive.

Qui pour la remplacer à la tête du PS ?

Le prochain congrès du parti Socialiste, destiné à désigner un nouveau leader, aura lieu au mois d'Avril. Jusqu'à présent, la victoire de Najat Vallaud-Belkacem lui était acquise. Mais désormais, qui pourra la remplacer ? Le seul candidat déclaré à ce jour est le député franco-grec du Val-de-Marne Luc Carvounas. Ce dernier fait actuellement campagne dans les fédérations locales, et se positionne, selon ses propres propos, à contre-courant de "ceux qui s'enferment dans les salons parisiens". Il ne devrait cependant pas être le seul en lice. Le député européen Emmanuel Maurel pourrait annoncer prochainement sa candidature, selon les informations du Parisien.

Figure de la gauche du parti, il affiche une volonté de "rassemblement le plus large possible".

Le nom d'Olivier Faure revient aussi régulièrement dans les couloirs de la rue de Solférino. Le député de Seine-et-Marne occupe actuellement deux autres postes au sein du parti Socialiste : porte-parole et président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée Nationale, qu'il devra abandonner si il parvient à se hisser à la direction du PS. Son avantage est de ne pas être "associé au quinquennat précédent", comme l'est fatalement Najat Vallaud-Belkacem.

De son côté, l'ancien ministre de l'Agriculture et actuel député Stéphane Le Foll songerait lui aussi à se lancer dans la bataille, tout comme le sénateur du Val-d'Oise Rachid Temal, actuel numéro un du parti par intérim dans l'attente du prochain congrès, mais qui serait loin de faire l'unanimité en interne, selon les informations du Parisien. Deux autres socialistes pourraient également se déclarer : l'ancien député et actuel conseiller régional d'Île-de-France Julien Dray, et le député des Landes Boris Vallaud...

l'époux de Najat Vallaud-Belkacem. Ce dernier a même multiplié les visites dans les fédérations locales ces dernières semaines.

Des candidatures déposées avant le 29 Janvier

C'est cette stratégie de proximité avec les militants qui pourrait faire la différence lors du congrès du mois d'Avril. "Tout le monde demande du renouvellement !", fait savoir le leader de la fédération de Haute-Garonne, Sébastien Vincini, qui souhaite en finir avec "l'entre-soi des Solfériniens". Même son de cloche pour Valérie Rabault. La députée du Tarn-et-Garonne, qui est également membre de la direction du PS, en appelle à "la voix des territoires (...) pour revitaliser la démocratie interne". Ces responsables locaux pourraient même présenter un candidat afin de prendre la tête du parti. Dans tous les cas, les candidatures devront être déposées avant le 29 Janvier prochain.