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Vent debout contre l'Exécutif depuis les révélations de l'affaire Benalla le 18 juillet dernier, les opposants politiques d'Emmanuel Macron demandent plus que jamais des comptes. Une motion de censure du gouvernement a été déposée par les Républicains jeudi et une autre par l'union des gauches vendredi, afin d’obliger Edouard Philippe à s'expliquer devant les députés à l'Assemblée nationale.

Avec l'explosion médiatique et politique du dossier Benalla, l'opposition semble véritablement tenir, depuis plus d'une semaine, sa revanche sur la majorité à l'Assemblée.

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Entre défiance et tentatives de pression à son encontre, le deuxième gouvernement d'Edouard Philippe devra faire face à deux motions de censure à l'Assemblée nationale : les premières depuis Manuel Valls en 2016.

La première, en gestation dans le groupe Les Républicains depuis le début du feuilleton, a finalement été déposée jeudi, à l'annonce de la suspension de leur participation dans les travaux de la commission d'enquête de l'Assemblée. La seconde a émergé d'un texte commun signé vendredi par l'union des gauches entre La France insoumise, la Nouvelle Gauche et le Parti communiste.

Mettre en minorité Emmanuel Macron

Pour le député de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, visiblement satisfait de cette initiative, il était important pour les oppositions de faire enfin front commun pour montrer au président Macron que lui et sa majorité sont minoritaires dans le pays. Un avis que partage très largement son chef de file Jean-Luc Mélenchon, ainsi qu’Olivier Faure, le nouveau patron PS.

Et si le député LR Pierre Cordier reconnaît que l’idéal aurait été de n'en avoir qu'une seule motion de censure, il avoue ne pas être naïf.

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Chaque groupe de l'opposition cherche à exister en affichant sa main mise sur ce dossier pour le moins épineux. Une tentative de récupération politique assez puérile de la part de l'opposition que dénoncent les députés macronistes.

Une manoeuvre purement symbolique

Le gouvernement peut tout de même dormir tranquille jusqu’à mardi, où les textes seront discutés. Emmanuel Macron dispose en effet d'une majorité trop confortable à l'Assemblée pour se sentir inquiéter par le vote de défiance organisé par l'opposition.

De plus, des quatre motions de censure présentées dans toute l'histoire de la Ve République, une seule a, jusqu'à présent, été adoptée.

C'était celle du 5 octobre 1962 visant le premier gouvernement Pompidou renversé sur fond de vives contestations à la suite de la décision du général de Gaulle d'instituer par la voie du référendum l'élection du Président de la République au suffrage universel direct. Un coup de force qui semble bien à mille lieux de la séquence vécue actuellement par Emmanuel Macron.

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