Edouard Philippe et les députés de la majorité ont très clairement indiqué, dès mardi, leur soutien à Emmanuel Macron au sujet de la crise politique que traverse actuellement l'Exécutif, avec les révélations du Monde. Une prise de position dénoncée de l'extrême gauche à l'extrême droite comme une vaine tentative de minimiser la portée politique de l'affaire Benalla.

La guerre des postures autour de l'analyse des actions posées autour d'Alexandra Benalla à l'occasion des manifestations du 1er mai n'en finit plus de déchaîner les passions à l'Assemblée.

Au sein de l'opposition, on appelle à cor et à cri à une affaire d'Etat, tandis que du côté des élus de la majorité et des membres du gouvernement, on pointe plutôt des dérives individuelles.

Des désaccords qui sont étrangement bien partis pour nourrir le feuilleton politique de l'été. En effet, face à la parole rare d'Emmanuel Macron, de la France insoumise au Rassemblement national, on perçoit une volonté manifeste de dissimuler des secrets. Une hypothèse évoqué mardi par le président du groupe LR à l'Assemblée, Christian Jacob, mais écarté par Edouard Philippe.

Aucune volonté de masquer

Du côté de Matignon, on soutient donc qu'il n'y a jamais eu une volonté de cacher ou d'étouffer l'affaire. Le premier ministre esquisse même que de très nombreuses procédures ont été ouvertes pour faire toute la lumière sur ce dossier devenu, depuis mercredi dernier, l'épine dans la chaussure d'Emmanuel Macron. Aucun doute que l'exercice est inédit sous la Ve République.

IGPN, information judiciaire et enquêtes parlementaires, la République s'est véritablement dotée de tous les outils possibles pour apporter des réponses claires sur cette situation, estime Edouard Philippe.

Hors de question donc de voir dans des dérives individuelles une conspiration au sommet de l'Etat. Un avis loin d'être partagé par Les Républicains qui ont déposé une motion de censure.

L'opposition révolté

De leur côté, les députés LaRem tentent de reprendre le terrain politico-médiatique cédé au tout début de cette affaire à une opposition friande de ce pain béni. Avec les premiers éléments des auditions du préfet de police de Paris, du ministre de l'Intérieur, du directeur du cabinet de l'Elysée ou encore du secrétaire général de l'Elysée, les élus macronistes semblent avoir repris pied.

De la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa au ministre de l'économie Bruno Le Maire, les interventions se multiplient chez les membres du gouvernement pour dénoncer une instrumentalisation. Une situation qui n'a été pas sans exaspérer l'opposition à l'Assemblée qui espère faire durer le suspens en demandant l'audition de membres de l'Elysée dont Alexis Kohler ou Bruno Roger-Petit.

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