Dans un argumentaire cinglant présenté ce mardi à l'Assemblée, en réponse aux motions de censures déposées par Les Républicains et les gauches, Edouard Philippe a rappelé à l'opposition que la sérénité du travail du gouvernement ne sera pas troublée pour le reste du quinquennat. Un discours qui vise à clore une séquence difficile pour l'Exécutif avant la rentrée.

Après les tiraillements dans l'hémicycle, aucun doute à avoir aujourd'hui sur le fait que l'opposition a joué à fond ses cartes dans le feuilleton politique autour de l'affaire Benalla.

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Selon le premier ministre, les différentes oppositions politiques n'ont même pas hésiter à verser dans la confusion pour tenter désespérément d'atteindre le président de la République Emmanuel Macron.

Edouard Philippe note en effet que les premiers éléments d'enquête mis en lumière dans ce dossier pointent vers des dérives individuelles, et non, comme l'invoque de ses voeux l'opposition, vers un système occulte savamment orchestré à l'Elysée. Une position qu'il tient en droite ligne de la confiance qu'il accorde au Chef de l'Etat, et qu'il a tenu à renouveler à l'Assemblée.

Une démocratie française qui fonctionne

Pour défendre ses rangs, le chef du gouvernement n'a pas hésité à rappeler les affaires qui ont ébranlé la gauche et la droite par le passé, entre Cahuzac et les sondages de l'Elysée. L'occasion pour lui de rappeler aux uns et aux autres l'étonnante réactivité de l'Exécutif. L'ancien maire du Havre a d'ailleurs salué une démocratie française qui a su se défendre à travers ses institutions.

Commissions d'enquête parlementaires à l'Assemblée et au Sénat, information judiciaire, investigations de l'Inspection générale de la police nationale, tous les outils institutionnels ont déployé en quelques jours pour répondre aux révélations du journal Le Monde. Un acquis qu'Edouard Philippe n'a pas manqué d'indiquer comme inédit dans l'histoire de la Ve République.

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L'opposition en mal de considération

Les remontrances, le proche d'Alain Juppé les balaie donc d'un revers de la main, estimant que l'opposition se trouve là devant un os qu'elle espère ronger jusqu'au bout. Edouard Philippe ne place pas la démarche des Insoumis, de la Nouvelle gauche, du Parti communiste, et des Républicains dans une volonté de recherche de la vérité, mais dans la perspective de casser l'action de l'Exécutif.

Une action que l'ancien responsable LR entend bien poursuivre dès la rentrée, comme mandat a été donné au président de la République pour cinq ans.

Le chef du gouvernement a indiqué ne pas redouter les motions de censure portées par Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF). Elles ne sont, selon lui, que le reflet d'un aveu d'échec à faire des propositions politiques.