Imposant soutien de la majorité, François Bayrou alerte ce jeudi le président de la République Emmanuel Macron sur les risques d'un maintien du cap quant à la hausse de la "taxe carbone" en janvier 2019. Des risques non négligeables pour l'ancien ministre de la Justice qui redoute de voir poindre une explosion vive de la colère manifestée depuis quelques semaines par les Français.

Il faut dire qu'avec l'imprévisibilité du mouvement des "Gilets jaunes" débuté samedi dernier, le patron du MoDem est d'avis de ralentir quelque peu la voilure des mesures engagées par le gouvernement depuis le début du quinquennat Macron.

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Et si la prise de position peut surprendre de la part du proche du chef de l'Etat, elle s'inscrit dans la droite ligne des récents avertissements lancés à l'Elysée sur les dérives d'un exercice solitaire du pouvoir.

Prendre un temps de réflexion

Bien sûr, pour se justifier, François Bayrou estime que les arbitrages rendus par l'exécutif sur la fiscalité des carburants ont manqué de prendre en compte un possible retournement de la situation sur les cours mondiaux du pétrole.

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Il appelle donc le président de la République à revoir quelque peu sa copie, au risque de subir un sévère retour de bâton. Les appels à converger samedi sur Paris se sont multipliés sur les réseaux sociaux, laissant craindre des débordements.

Le maire de Pau suggère ainsi de penser la possibilité pour le gouvernement de moduler le niveau des taxes avec le cours du brut affiché sur les marchés mondiaux, afin de permettre aux automobilistes de ne pas en ressentir les effets à la pompe.

L'hypothèse a pourtant été balayée d'un revers de main la semaine dernière par le Premier ministre qui avait préféré poser sur la table certaines mesures d'accompagnement pour les foyers les plus modestes.

Apporter des réponses à la colère qui gronde

Le gouvernement tente depuis quelques jours de sonner la reconquête de l'opinion, sans grand succès. Une situation à laquelle le président du MoDem se montre sensible, en considérant qu'il est important d'apporter plus de considération au malaise profond qu'expriment les Français.

S'il ne semble pas enclin à reculer, François Bayrou argue tout de même que le chef de l'Etat a "pleine conscience" de l'éloignement et de la rupture dans les territoires.

L'éphémère ministre de la Justice en appelle également le Parlement et les mouvements politiques à leur "responsabilité d'ouvrir le débat". S'il reconnaît avec Christophe Castaner que "la première mission de l'Etat est de faire régner l'ordre", il exhorte plus encore les responsables politiques à aller le plus loin possible pour tenter de comprendre ce qui se passe.

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Objectif affiché, sortir la France du climat de tensions dans lequel elle bascule tout doucement chaque jour.

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