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Face à la colère populaire, ils apparaissaient soudés. Depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes, gouvernement et majorité répètent le même discours : maintien des taxes au nom de la politique écologique, fermeté au niveau de l’ordre public et mise en garde contre toute dérive.

À l’Assemblée nationale, Édouard Philippe et un Christophe Castaner au ton martial martèlent leur message [VIDEO] et se montrent inflexibles. Équilibre subtil avec un président qui, nous parlant récemment de Belgique, prônait “le dialogue […], l'explication, […] la capacité à trouver à la fois le bon rythme et les solutions de terrain”. Les députés se font les porte-voix de cette double intention : expliquer mais tenir, offrir un visage compréhensif tout en défendant l’autorité de l’État.

Des voix dissonantes venues des territoires

Cette position est-elle si unanime ? Pas certain. Des voix s’élèvent aujourd’hui pour faire entendre une mise en garde, voire inciter à un changement de politique.

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François Bayrou réclame notamment une inflexion [VIDEO], quitte à moduler à l’avenir les taxes en fonction du prix du pétrole. Jean-Yves Le Drian, fort de son expérience face aux “bonnets rouges”, appelle lui aussi à la vigilance face aux inégalités qui peuvent naître des mesures de transition écologique.

Les députés sont souvent accusés de n'être qu'un groupe de godillots [VIDEO]. Brigitte Bourguignon et Patrick Vignal, deux élus PS de la précédente magistrature, appellent ainsi à un plus grand dialogue : la première en saisissant la main tendue du syndicaliste Laurent Berger, idée à laquelle le ministre de l'Écologie François de Rugy semble aujourd'hui se rallier malgré l'initial rejet d'Édouard Philippe ; le second, directement sur BFM TV, par un vrai cri d'alerte contre le manque de dialogue de l'exécutif.

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Des nouveaux députés perdus

Et le reste des élus, sont-ils tous rangés derrière leur Premier Ministre ? Celui-ci leur reproche en tout cas de n'avoir pas suffisamment "occupé le terrain ou répondu aux critiques" depuis le début de la semaine. Peut-être est-ce par simple désarroi. Certains commencent aujourd'hui à l'avouer, comme la députée de la Loire Valéria Faure-Muntian, qui se dit "totalement désemparée". Et le problème tient du discours autant que des décisions : "Ils ont des sentiments, nous des arguments, ça ne colle pas".

Inexpérience, éloignement, manque d'empathie… Les critiques sont récurrentes et la Macronie peine à y répondre. Quelques mesures compensatoires et une pédagogie maintes fois répétée n'y suffiront pas. Si le gouvernement dit écouter, les Français ont aujourd'hui l'impression inverse et à six mois des européennes, cette faille qui traverse la société paraît de plus en plus dangereuse.