Par la voix du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, l'exécutif a décidé de passer la France en "urgence attentat" dans la nuit de mardi à mercredi 12 décembre. Le dispositif vise à répondre efficacement au risque terroriste soulevé par la fusillade survenue hier soir aux abords du marché de Noël de Strasbourg, d'autant plus que le tireur est encore en fuite.

Il faut dire que c'est le premier attentat auquel fait face le fidèle d'Emmanuel Macron après le départ fracassant de Gérard Collomb en octobre dernier ! Et pour l'occasion, l'ancien secrétaire d'Etat en charge des relations avec le Parlement a décidé de ne pas lésiner sur les moyens à mettre en oeuvre pour enrailler une menace qui se rappelle toujours aussi vive dans l'Hexagone.

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Renforcement des contrôles aux frontières

Selon le gouvernement, le dispositif "urgence attentat" est le niveau d'alerte le plus élevé du plan vigipirate étendu sur l'ensemble du territoire national ! Dans les faits, il appelle notamment à la mise en place de contrôles beaucoup plus renforcés et systématiques aux frontières, mais aussi sur l'ensemble des marchés de Noël en France, dans l'optique d'éviter le risque de mimétisme.

D'un autre côté, le "dispositif sentinelle" sera accru sur l'ensemble du territoire national avec le renfort de 1800 militaires dont 500 dès jeudi, a fait savoir ce soir le Premier ministre Edouard Philippe.

A vocation temporaire et mis en place dans le sillage de la révision du plan vigipirate engagée après les attentats de 2015 et 2016, le niveau "urgence attentat" est appelé à être exploité "à la suite immédiate d'un attentat". L'exécutif a donc fait le choix de cette option qui lui permet de mobiliser de manière exceptionnelle les moyens, tout en assurant la diffusion d'informations susceptibles de protéger les citoyens.

Pas de déclenchement prévu de l'état d'urgence

Pas question donc de déclencher l'état d'urgence pour la ministre de la Justice Nicole Belloubet qui réagissait ce mercredi à l'attaque, en estimant que la France a tout à fait la capacité de "réagir" sans cette mesure qui devrait rester une exception ! Le gouvernement entend ainsi se montrer à la hauteur des événements sans nécessairement pousser le bouchon trop loin.

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Ce régime d'exception, mis en place en novembre 2015 par François Hollande, avait été levé dans les premiers mois du quinquennat Macron. Interpellée depuis quelques semaines par les syndicats de police sur la nécessité d'y recourir, la garde des Sceaux a de nouveau indiqué que "les lois adoptées récemment par notre gouvernement permettent de déployer un certain nombre de mesures qui nous ont permis d'éviter jusqu'à présent au moins six attentats".