Lors de son intervention télévisée depuis le palais de l'Elysée lundi soir, Emmanuel Macron est assez largement revenu sur le mouvement des "gilets jaunes" qui secoue l'Hexagone depuis quatre semaines. Le chef de l'Etat a notamment annoncé des mesures sociales en direction des plus modestes. Une initiative qui vise à calmer la grogne avant l'ouverture d'un dialogue.

Il faut dire que sa parole était vivement attendue depuis le nouveau samedi de mobilisation des « gilets jaunes » sur l'ensemble du territoire national.

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Dans une allocution de treize minutes marquée par un ton grave, Emmanuel Macron a annoncé des mesures fortes visant à ce que les Français puissent vivre plus dignement de leur travail dès le début de l'année prochaine.

Le smic revalorisé de 100 euros net

Décrétant un "état d'urgence économique et social" en France, Emmanuel Macron a donné des instructions fermes au gouvernement pour veiller à ce que le salaire d'un travailleur au smic augmente de 100 euros par mois dès janvier 2019. La mesure pourtant écartée il y a peu par Bruno Le Maire, ne devra, de l'engagement du président de la République, pas coûter un euro de plus à l'employeur.

La hausse s’ajoutera à l’augmentation légale de 1,8 % déjà prévue en janvier pour correspondre à un complément de salaire pour les personnes rémunérées entre 0,5 et 1,2 du smic. Dans le même temps, le locataire de l'Elysée a acté l'annulation dès début 2019 de la hausse de la CSG « subie cette année » par les retraités à 2 000 euros net par mois. Mais encore, une prime de fin d'année pourra également être versée par les employeurs à leurs employés, sous couvert d'une suppression d'impôts et de taxes : une proposition en droite ligne de la prime exceptionnelle soutenue par Edouard Philippe.

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Le retour des heures supplémentaires défiscalisées

Emmanuel Macron ne s'est toutefois pas arrêté en si bon chemin dans son virage social. Le chef de l'Etat a très clairement appelé à un versement des heures supplémentaires « sans impôts ni charges dès 2019 » alors qu’elles ne devaient être que « désocialisées » en septembre 2019 dans le projet de loi de finances initialement passé en première lecture à l'Assemblée et au Sénat.

Correspondant au temps travaillé au-delà de la durée légale des 35 heures et davantage rémunéré, ce coup de pouce devrait être le plus bienvenu pour les travailleurs.

Néanmoins, pas de renoncement sur l'ISF supprimé au début du quinquennat, et dont le chef de l'Etat estime qu'il a vocation à générer les emplois. Bien sûr, la chasse à l'évasion fiscale sera remise au centre de la politique publique. Les dirigeants des grandes entreprises françaises devront notamment verser « leurs impôts en France », de même que les GAFA (Facebook, Google) qui acquitteront d'une taxe sur leurs bénéfices dans l'Hexagone.