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Les Foulards rouges ont défilé en nombre dimanche dans les rues de Paris. Une marche pacifique visant à "défendre la démocratie et les institutions" face à la banalisation des violences commises en marge des mobilisations des Gilets jaunes depuis deux mois. Le cortège s'est élancé dans le calme de la place de la Nation pour terminer sa course à la place de la Bastille.

Il faut dire que l'événement était particulièrement attendu dans la capitale depuis quelques semaines. Devant la violence insidieusement accrochée au mouvement de contestations à Emmanuel Macron, un bon nombre de citoyens se sont organisés pour exprimer ouvertement leur ras-le-bol de voir chaque jour la République mise en péril par des actes qu'ils jugent, pour la plupart, irresponsables.

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Des citoyens remontés

Alors qu'ils se réunissent place de la Nation, point de départ de la marche censée démarrer à 14 heures, les participants scandent leur mécontentement vis-à-vis des violences des dernières semaines. Le mot d'ordre "Stop aux violences" et des drapeaux de l'UE sont présents dans une foule dont certains médias comme Le Monde notent qu'elle présentait une faible mobilisation de jeunes.

En tonnant "Nous sommes aussi le peuple !" ou encore "80 000 personnes ne vont pas décider pour tous les Français !", des manifestants dont un couple de retraités entendaient ainsi protester contre "la chienlit" pour madame et le "risque d'une guerre civile", selon monsieur.

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Beaucoup estiment que l'exécutif se montre trop tolérant, et qu'il devrait agir avec plus de fermeté. C'est donc à 14h20 que le cortège prendra son envol sous un vibrant chant de la Marseillaise.

Des élus présents dans le cortège

Interpellé sur le plateau de l'émission Le Grand Jury tout juste deux heures avant le lancement de la marche, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a affiché toute sa sympathie pour la démarche, notant toutefois une distance assumée pour éviter tout sentiment de récupération politique. L'éphémère ministre de la Cohésion des territoires d'Emmanuel Macron aura tout de même invité à y prendre part les divers élus qui le voudraient.

Un appel qui a visiblement été suivi par une bonne vingtaine de parlementaires affiliés La République En Marche. De Laurianne Rossi à François Patriat, sans oublier Jean-Michel Fauvergue et Sylvain Maillard, une quinzaine de députés et 5 sénateurs ont ainsi marqué l'événement de leur présence. Pas d’éléments distinctifs toutefois pour laisser le mouvement jouir de toute son indépendance.

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Un face-à-face tendu avec des Gilets jaunes

Et si l'acte 11 de mobilisation des Gilets jaunes a fait de lui parler samedi avec la montée de la polémique autour de la blessure à l'oeil de la figure du mouvement Jérôme Rodrigues, le défilé des "foulards rouges" s'est lui déroulé dans une atmosphère bon enfant. De nombreux messages de soutien ont notamment été lancés en direction des forces de l'ordre à l'arrivée du cortège sur la place de la Bastille, point final de la mobilisation en faveur de la "démocratie".

A noter toutefois de vifs échanges avec un groupe de quinze Gilets jaunes réunis sur les marches de l'opéra. Des insultes qui fusent de part et d'autre poussant les forces de l'ordre à s'interposer entre les deux parties.

Retraité de 67 ans venu de Limoges, Jean-François ne supporte plus le débat soit centré sur les aspirations des Gilets jaunes. Sinon, pour le reste, dès 16h20 l'essentiel des manifestants se dispersait, avec pour bilan de la mobilisation : du beau monde dans les rues parisiennes avec 10 500 participants annoncés par la préfecture, aucun incident majeur à déplorer, et une ambiance plutôt sereine malgré une colère bien palpable sur les visages.