Alors que la crise des Gilets jaunes soulevait depuis plus de trois mois la problématique du pouvoir d'achat, Edouard Philippe a enfin décidé de s'attaquer à certains de ses angles morts. Automobile, logement, santé ou encore banque, le Premier ministre a annoncé mardi, devant l'Autorité de la concurrence, une série de mesures appelées à améliorer concrètement le quotidien des Français.

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Pour marquer le 10e anniversaire de l'instance chargée de veiller au libre jeu de la concurrence, le chef du gouvernement a dressé le constat d'une hausse des dépenses « contraintes » devenue clairement insupportable pour certains ménages. Et si le Grand débat continue de suivre son cours, pas question donc de perdre davantage de temps pour apporter des solutions déjà applicables.

Réduction des coûts dans le secteur automobile

Dans la loi d'orientation des mobilités, le gouvernement devrait ainsi prendre de nouvelles mesures visant à réduire de manière significative (entre -6% et -15%) le prix de certaines pièces détachées de véhicules, à commencer par les phares, les rétroviseurs, ou encore les vitrages.

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Pour se faire, l'exécutif entend ouvrir à la concurrence le marché aujourd’hui réservé aux seuls constructeurs.

Matignon espère réussir à dégager des économies dans les ménages, tout en donnant un nouveau souffle à des sous-traitants industriels. Dans le même temps, Edouard Philippe souhaite s'attaquer à la forte disparité de tarifs dans les auto-écoles. Il a donc indiqué la mise en place prochaine d'un site de comparaison pour donner aux utilisateurs de choisir de manière l'offre qui leur convient. La proposition a été tirée du rapport de la députée LREM Frédérique Dumas.

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Une meilleure lisibilité sur le logement

L'ancien maire du Havre ne s'est pas arrêté là, puisqu'il a fait savoir que le gouvernement prendrait désormais des sanctions, sous forme d’amendes de 3.000 à 15.000 euros, à l'endroit des syndics qui ne se plieraient pas au jeu de la mise en concurrence ! Matignon fait valoir que beaucoup de Français ne changent pas de syndic parce qu'il est difficile de les comparer et de comprendre les offres.

L'exécutif acte donc pour un besoin d'injecter un maximum de transparence, avec des syndics désormais obligés de présenter des contrats-types, mais appelés à rendre comparables leurs prestations.

L’information des copropriétaires se verra elle aussi améliorée. Quant à certaines prestations comme "l'état daté", elles pourraient voir leur tarif plafonné pour éviter de trop fortes disparités.

Une assurance plus souple, une banque moins chère

D'un autre côté, Edouard Philippe a annoncé qu'il soutiendrait énergiquement la proposition de loi de la majorité visant à permettre à des citoyens de pouvoir résilier des contrats d’assurance-santé en cours d’année.

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L'initiative sera portée dans l'Hémicycle le 27 mars prochain. Mais encore, le Premier ministre souhaite lever certaines restrictions qui pèsent sur la vente de médicaments en ligne.

L’interdiction pour les pharmacies de se regrouper pourrait ainsi rapidement disparaître. De même que la nécessité de stocker les médicaments dans l’officine et non dans un entrepôt séparé pourrait se voir assouplie. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a d'ailleurs la charge de mettre tous les acteurs autour de la table pour baisser les prix.

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Pour finir, le chef du gouvernement a lancé son intention de faciliter, pour les clients qui le demandent, l’accès à leurs comptes bancaires pour des Fintechs. Matignon entend que ces entreprises technologiques puissent proposer des services financiers à bas coûts.

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