L'information est inédite. Pour la première fois depuis 5 mois de manifestations plus ou moins violentes du mouvement social dit des "Gilets Jaunes", un haut gradé militaire a reconnu des débordements des forces de l'ordre : "Ce sont des violences policières", a déclaré Michael Di Meo, colonel de gendarmerie. Cette prise de parole intervient dans le cadre d'une enquête d'une heure, intitulée "Police, au coeur du chaos" et prévue pour diffusion mardi 9 avril 2019 sur la chaîne BFMTV.

Après trois mois d'investigation, deux journalistes de la chaîne ont souhaité "décrypter, aller plus loin" sur la stratégie du maintien de l'ordre employée par le ministère de l'Intérieur, en interrogeant plusieurs représentants qui témoignent parfois anonymement.

Des manifestants roués de coups

Dans sa publication du 7 avril, l'hebdomadaire le JDD livre un extrait de cette enquête. Le journal décrit le visionnage par le colonel de la troisième journée de mobilisation des Gilets Jaunes du 1er décembre 2019 et plus précisément de la scène à l'intérieur du fast-food Burger King où des manifestants cherchant un abri ont été roués de coups par des CRS zélés.

La réaction du colonel Michael Di Meo ne s'est pas fait attendre : ce dernier critique immédiatement l'action des forces de l'ordre qu'il considère démesurée.

Cette prise de parole est d'autant plus forte car Michael Di Meo était l'un des gradés responsables du maintien de l'ordre ce 1er décembre.

Il commandait en effet ce jour-là les gendarmes mobiles dans la capitale. Par ailleurs, le colonel de gendarmerie commente également face caméra les interpellations "musclées" de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) au sein des cortèges de manifestants : "Ce sont des unités qui ont un emploi de la forces moins mesuré, moins structuré que ne peuvent l'avoir des unités spécialisés dans le maintien de l'ordre", nuançait Michael Di Meo.

Des violences niées par les autorités

Pourtant, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, au sujet des violences policières avait nié tous les débordements évoqués par la presse : "Je ne connais aucun policier, aucun gendarme, qui ait attaqué des “gilets jaunes”", déclarait, mardi 15 janvier 2019 le ministre en déplacement dans l'Aude. Et de poursuivre : "Quand elles [les forces de l’ordre] sont effectivement acculées, elles utilisent des moyens. Mais naturellement je n’ai jamais vu un policier ou un gendarme attaquer un manifestant ou attaquer un journaliste", avait-il ajouté.

Lors de ce déplacement, Christophe Castaner avait également justifié l'emploi des lanceurs de balle de défense ou LBD.

Depuis 5 mois, les violences policières, à l'origine de blessures, de citoyens éborgnés ou de mains arrachées, sont devenues les symboles de la politique répressive du gouvernement, débordé par l'ampleur inédite du mouvement des Gilets Jaunes. D'importants dossiers à charge contre les forces de l'ordre ont été montés en vue de procédures judiciaires, documentés par plusieurs organes de presse, comme l'AFP, ou de journalistes spécialisés comme David Dufresne.

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