François Hollande est de nouveau aux abois. Alors que la version actualisée de son livre sensation "Les Leçons du pouvoir" est appelée à sortir en librairie mercredi, l'ancien locataire de l'Elysée tient à commenter le début du quinquennat poussif de son successeur Emmanuel Macron. Dans un entretien au Parisien, il note ainsi une évolution exponentielle des courants de pensées extrémistes durant ces deux dernières années.

Une situation inquiétante dont il estime qu'elle finira par déboucher sur une arrivée inéluctable de l'extrême-droite au pouvoir.

Autant dire que depuis quelques mois, l'ex Président ne manque pas une seule occasion de décocher une flèche dans la direction de son ancien protégé. Il constate, non sans plaisir, que le mandat d'Emmanuel Macron ne se présente pas sous les meilleurs auspices avec une crise des Gilets jaunes qui s'éternise.

Il assène même que les résultats de deux ans de politique macroniste ne sont pour l'heure ni bons pour l'économie du pays, ni pour sa cohésion sociale.

Une extrême droite menaçante

Mais le plus inquiétant selon François Hollande, c'est le face-à-face qu'Emmanuel Macron entretient entre sa majorité et l'extrême-droite. Il se sent le devoir d'alerter tous ceux qui disent être des républicains, avant que la situation ne dégénère.

La montée des thèses nationalistes se fait sentir partout dans le monde, et l'ancien dirigeant français estime que l'Hexagone n'est pas épargné avec un Rassemblement national qui s'inscrit de plus en plus dans le paysage.

Aucun doute dans son esprit, la menace est en direction de l'extrême-droite. Cette partie de l'échiquier politique, il la voit bien arriver au pouvoir en France en 2022. Raison pour laquelle il estime que la gauche se doit de survivre. Désormais plus enclin à parler de socialisme que des affaires du PS, l'ancien numéro un ne peut se résoudre à laisser la gauche sans perspective.

Il entend réussir à "convaincre que la France a un avenir et un rôle à jouer dans le monde".

Une volte-face toujours possible pour Macron

Toutefois, l'ancien chef de l'Etat a tenu à clairement relativiser sa position vis-à-vis de son successeur dont il fustige la détermination à vouloir toujours tout bousculer, au point d'avoir fini par tout mettre à l'arrêt ! Actant qu'un mandat présidentiel doit être jugé sur les cinq années qui l'accompagnent, il demeure en effet confiant sur le fait qu'Emmanuel Macron a encore entre les mains toutes cartes pour changer la donne au cours des trois qui lui restent au compteur.

Pas de jugements définitifs donc, alors que comme lui en son temps, tout président peut être amené à faire des corrections dans sa politique. Des corrections qu'il appelle de ses voeux loin d'une sortie biaisée du Grand débat national. La mise en oeuvre d'une jambe gauche plus sociale dans son programme, voilà ce que François Hollande conseille à son ancien poulain. Une revendication qu'il a portée une fois de plus ce mardi devant la presse, l'air d'un politique en campagne.

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