Edouard Philippe était à Caen lundi soir pour un meeting, après une journée passée à tenter de renouer le dialogue avec les partenaires sociaux sur la question de l'emploi. Et il faut dire que pour le patron du gouvernement, l'objectif tenait essentiellement à faire l'éloge du projet de la liste conduite par Nathalie Loiseau et Pascal Canfin. Des candidats auxquels il a souhaité renouveler sa confiance la plus totale, bien loin des récentes polémiques nourries par l'opposition autour de l'ancienne ministre des Affaires européennes.

La séquence faisait ainsi office de première depuis le début de la campagne des Marcheurs pour les européennes, et autant dire que d'autres sont appelées à prendre place dans les prochains jours. Du côté de l'exécutif comme de la majorité, on n'accorde que bien peu de valeurs aux nombreuses railleries de l'opposition. Comme avec le patron des Républicains, Laurent Wauquiez, qui se permettait une pique sur l'engagement de l'exécutif dans une campagne, qui ressemble, selon lui, à une opération désespérée.

Faire retomber l'agitation autour de LaREM

Mais, pour le locataire de Matignon monté au créneau dans une posture de boxeur, les candidats de LaREM et ses alliés doivent bien comprendre que leur engagement est à présent la porte ouverte à des attaques peu glorieuses. Dans ce contexte, il sera donc important pour eux de savoir passer au travers et avancer, sans jamais perdre de vue les convictions qui sont défendues.

Un tout petit moment de secousses durant lequel, il invite Mme Nathalie et les militants marcheurs à vraiment "rester calme" et "boire frais".

Face à une classe politique bien décidée à faire payer des comptes à Emmanuel Macron, l'ancien maire du Havre opte ainsi pour la nécessité d'encaisser les coups sans broncher. Car aucun doute que d'éventuelles répliques finiraient par enfermer le débat loin des aspirations portées pour l'Europe par le parti présidentiel.

Une situation qu'il entend éviter. Hors de question donc de donner du pain béni aux responsables politiques des formations d'opposition qui s'offusquent en permanence de la rigidité de l'exécutif.

Donner un nouveau souffle

Et à côté de cette forme de résilience à laquelle il appelle les Marcheurs, Edouard Philippe espère faire souffler un vent nouveau sur une conquête du Parlement européen qui veut particulièrement poussive.

Avec des intentions de vote en berne depuis quelques semaines, il paraît désormais plus qu'impératif d'inverser la vapeur. Gouvernement, majorité et soutiens sont chacun sollicités autant qu'il est possible. Samedi par exemple, ce sera au tour d'un ancien Premier ministre se jeter dans le bain d'un meeting à Strasbourg.

D'après les informations d'un cadre du parti transmises à RTL, Jean-Pierre Raffarin devrait ainsi faire son entrée dans la danse.

L'objectif étant de remobiliser au maximum les Français qui avaient voté pour Emmanuel Macron dès le premier de la présidentielle de 2017. Au palais Bourbon comme à Matignon, on le sait : une trop forte abstention pourrait bien coûter à La République En Marche la position de leader qui lui est donnée par certains sondages. Autant dire que la semaine s'annonce pour le moins capitale.

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