Entre la poussée galopante de ses tensions internes et une ligne politique devenue totalement illisible, la France insoumise apparaît plus que jamais à l'agonie un mois après la débâcle des élections européennes de mai dernier. Les départs se succèdent semaine après semaine, donnant au mouvement d'extrême gauche l'image d'un navire en pleine perdition. En cause, son leader Jean-Luc Mélenchon qui, par un exercice très personnel de son autorité, sabote l'image qu'il avait pourtant essayé de construire autour lui pour séduire l'opinion.

Il semble désormais bien loin le temps où les responsables politiques de la France insoumise moquaient ouvertement leurs adversaires socialistes, taillés en pièces à l'occasion de la présidentielle et des législatives de 2017. Les modestes 6,31% de voix obtenues lors des européennes ont, pour ainsi dire, quelque peu remis les pendules à l'heure, et calmé au passage quelques égos. Notamment celui du chef de file des Insoumis à l'Assemblée qui souhaite à présent prendre du champ, en délégant beaucoup plus qu'il ne l'avait fait auparavant.

Mélenchon, une personnalité clivante

Mais, il se pourrait bien que les outrances de ce dernier aient fini par causer des dommages irréversibles au mouvement, alors que celui-ci aspirait à faire basculer la France dans une VIe République. Peut-être y ont-ils trop cru avant de voir la désillusion, c'est en tout cas ce que souligne un député insoumis du premier cercle qui se souvient avec un brin de nostalgie de la présidentielle.

Le tribun laisse en effet l'expression de n'avoir pas surmonter la séquence qui l'avait vu soulever un souffle d'espérance chez nombre de Français.

C'est d'ailleurs ce qu'a toujours soupçonné la majorité, où Premier ministre et députés ont souvent invité Mélenchon à ne pas tenter de rejouer sans cesse un 3e tour de la présidentielle. Ce qui est certain, c'est qu'après avoir perdu la place de premier opposant à Emmanuel Macron, le mouvement n’est même plus en position de force à gauche, pris de vitesse par Europe Écologie-Les Verts et Yannick Jadot. Et cet échec est cristallisé dans les pensées par un seul homme : Jean-Luc Mélenchon, qui se voit à présent demander des comptes.

Un flou grandissant sur le fonctionnement

Les voix se font en effet nombreuses au sein de la France insoumise afin de réclamer une plus grande démocratisation des décisions du mouvement. Preuve du malaise grandissant, Clémentine Autain assurait sur BFMTV dimanche dernier ne pas savoir comment son collègue député Adrien Quatennens a été porté au rang de coordinateur de LFI, soit la 2e personnalité après Mélenchon.

Loin de la simple question de transparence, la députée de Seine-Saint-Denis pointe du doigt des difficultés pour les militants de savoir où sont prises les décisions.

Car dans le fond, ce qui maintient en substance l'édifice, c'est une colère partagée vis-à-vis de la politique du gouvernement. Aucune possibilité par contre d'être en désaccord avec la ligne officielle de LFI, comme le déplore l'élue de 46 ans, en porte-parole de Charlotte Girard ou encore Manon Le Bretton qui se sont insurgées contre la virulence galopante du patron insoumis.

La politicienne a donc lancé un vibrant appel à la construction d’un nouveau "cadre de rassemblement politique et citoyen" qui puisse dépasser les postures partisanes.

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