Le délégué général de La République en Marche Stanislas Guerini a confirmé jeudi les conditions au travers desquelles sera désigné le candidat du parti aux municipales de 2020 à Paris. Les six prétendants à l'onction des Marcheurs seront notamment auditionnés par la commission nationale d'investiture, et connaîtront le 9 juillet prochain celui qui aura reçu les faveurs de la direction du parti pour mener la bataille contre Anne Hidalgo.

Un scénario que certains entendent bien déjouer avec une tribune parue au JDD.

Les signataires ne sont autres qu'Hugues Renson, Cédric Villani, Mounir Mahjoubi, Anne Lebreton et Antonio Duarte, tous concurrents de l'ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Il s'agit, de leur avis, de contrecarrer ce qu'ils estiment être une stratégie visant à confirmer l'adoubement du désormais simple député de Paris.

Grand favori de l'investiture de la liste des Marcheurs, ce dernier bénéficierait, selon certains, d'un verrouillage digne de ce qu'on pouvait attendre de la chiraquie dans les années 90.

Un risque de dissidences pour les Marcheurs

Hors de question donc de rentrer dans le rang, malgré les avertissements incessants du sénateur de Paris Julien Bargeton, autrefois candidat au siège. L'ancien socialiste acte que la CNI a toujours été dans l'ADN des Marcheurs, et déplore un jeu dangereux qui pourrait finir par affaiblir le mouvement présidentiel.

Mais, rien à faire : les cinq autres prétendants encore en lice appellent à l'organisation d'une "consultation" des adhérents de La République en Marche afin que tout le monde puisse être départagé à la loyale.

Ils espèrent même ramener par la même occasion des candidats extérieurs proches de leur courant politique, à l'instar du candidat d'Agir Pierre-Yves Bournazel ou encore de Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande.

Autant dire qu'ils n'accordent aucune confiance au duo formé par Marie Guévenoux et Alain Richard pour présider le grand oral qui les attend. La première, membre du bureau exécutif de LaREM et députée de l'Essonne, et le second, sénateur du Val-d'Oise, font pourtant office de figures d'autorité.

Un changement de règles

D'où viendrait-il maintenant qu'en cours de route il faille changer les règles, s'étonnent certains cadres LaREM face à la requête des opposants à Benjamin Griveaux.

D'autant que beaucoup ont encore en mémoire les résultats désastreux de la manoeuvre pour le Parti socialiste, mais aussi pour Les Républicains.

Mais selon Hugues Renson, la démarche qu'il porte avec ses camarades, repose sur la volonté que des débats de fond soit mené afin de créer une véritable dynamique d'adhésion au projet défendu par les Marcheurs. Et s'il feint de ne pas comprendre l'urgence pour le parti de désigner son candidat à Paris, certains éléments permettent aisément de le comprendre.

Depuis quelques semaines, la maire de Paris Anne Hidalgo a repris quelques couleurs, et celle-ci pointe déjà en tête des intentions de vote à 9 mois de l'échéance.

Hidalgo plus que jamais en position de force

Et ce n'est pas tout, puisque celle qui entend se présenter sans l'étiquette d'un parti devrait se réjouir de l'enseignement tiré des élections européennes de mai dernier qui ont vu le Rassemblement national l'emporter devant La République en Marche. En effet, à l'exception des bastions de la droite où il a pulvérisé les scores LR, le parti présidentiel a reculé dans une bonne partie de la capitale. La plupart de l'est parisien de même qu'une partie du centre se sont ainsi retrouvés à glisser un bulletin écologiste dans les urnes.

Adepte d'un positionnement rose-vert, Mme Hidalgo apparaît donc comme une figure qui pourrait tenter l'électorat qui a massivement opté pour Yannick Jadot aux européennes. Face à cette perspective, certains Marcheurs ont pris acte du fait qu'il fallait se mobiliser le rapidement possible de s'imposer dans le paysage. L'occasion est d'ailleurs trop belle pour permettre à Emmanuel Macron d'enfin disposer d'un maillage territorial. Encore faudra-t-il qu'En Marche ne tombe pas dans le même écueil que la droite en 2001.

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