Actant avoir définitivement tourné la page, une large majorité de Français rejettent toujours l'hypothèse d'un retour de Nicolas Sarkozy au devant de la scène. Alors que certains observateurs politiques voyaient dans la publication de son livre "Passions" une volonté pour l'ancien chef de l'Etat de tenter une remise en scelle, l'opinion publique vient ainsi lui opposer une fin de non-recevoir. S'il reste une personnalité particulière appréciée chez Les Républicains et au sein de la majorité, nul doute que son rôle demeure désormais cantonné à celui d'homme de l'ombre.

C'est en tout cas ce que laisse ressortir une enquête Ifop pour le JDD parue dimanche, et dans laquelle 76% des personnes interrogées ont assuré ne pas souhaiter que l'homme politique revienne au premier plan. Sans réelle surprise, les électeurs LR sont les seuls de l'échiquier politique à appeler pour près de 65% à un retour sur le ring de leur champion, ancien maire de Neuilly. Le divorce reste en revanche entièrement consommé avec les sympathisants de gauche qui sont 88% à manifester une franche hostilité à l'invocation du nom de Nicolas Sarkozy.

Un bilan toujours jugé négatif

Dans le même temps, ils sont 57% parmi les individus sondés, qui continuent à porter un jugement très négatif vis-à-vis du bilan de l'ancien président de la République. Pour le directeur général adjoint de l'Ifop Frédéric Dabi, sept ans après, les Français ne font toujours pas une relecture positive de l'action qu'il aura menée durant son quinquennat. Régulièrement mise sur la table dans les enquêtes d'opinion autour de la figure emblématique de la droite, il note d'ailleurs que cette question fait toujours intervenir les mêmes chiffres depuis 2013.

A noter toutefois, que du côté des Républicains (80%), tout comme chez les Marcheurs (61%), le mandat de Nicolas Sarkozy est majoritairement vu d'un bon oeil. La preuve sans doute que les atomes crochus entre LR et LaREM semblent durablement s'imprimer dans la perception des Français comme une évidence. D'autant que le positionnement de l'ancien homme fort de la droite est largement salué avec 59% des sondés qui considèrent que son attitude correspond bien à ce que l'on pourrait attendre d'un ancien locataire de l'Élysée.

Aucun héritier ne se dégage

Pour le reste, les personnes interrogées sont 63% à ne croire pas à la perspective d'un retour prochain de Sarkozy, et cela, même chez les sympathisants LR (56%) ou pour les électeurs de François Fillon au premier tour de la présidentielle de 2017 (62%). Quant aux hypothèses de relève, le chantier reste ouvert, puisque jusqu'à présent, aucune figure ne s'impose dans l'opinion parmi les principales testées.

L'ancien patron LR ­Laurent Wauquiez se dispute tout juste la première marche avec la présidente de région Île-de-France Valérie Pécresse.

Tous les deux pointent en tête, cités par 38% des interrogés, à un point du très discret maire de Troyes, François Baroin, crédité de 37% d'avis favorables de le voir occuper une place de premier plan. Arrive ensuite le président de région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, avec 36%, tandis qu'Emmanuel Macron serait bien vu par 32% des sondés comme le nouveau patron de la droite.

Pour le spécialiste des sondages Ifop, Frédéric Dabi, c'est bien là le reflet d'une crise de ­leadership à droite où élus et électeurs se dirigent vers le camp présidentiel.

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