La guerre commerciale et monétaire est ouverte entre les États-Unis et la Chine. Après l'annonce du président américain prévoyant de nouvelles taxes douanières sur certains produits chinois, la Chine a répliqué en dévaluant sa monnaie pour faciliter ses exportations. La devise chinoise a en effet lundi dernier perdu suffisamment de valeur pour s'échanger à hauteur de 7 yuans pour un dollar, son plus bas niveau depuis plus de 10 ans. Les deux géants économiques mondiaux semblent s’engager dans une escalade qui affole les marchés financiers. Mais faut-il s'étonner de ces tensions ? Le candidat Trump avait pourtant annoncé la couleur lors de sa campagne.

Déclaration de candidature à la présidence

Le 16 juin 2015 à New York, dans la tour qui porte son nom, Donald Trump descendait les marches de l’escalier roulant qui l’amenait vers le podium d'une estrade. Il écouta sa fille Ivanka le présenter à l’assemblée. À la main, il tenait les quatre pages d’un discours soigneusement préparé par le Comité exploratoire Donald J. Trump. Une fois installé, il lut le même document que son comité avait fait parvenir par courriel à la presse avant son allocution, afin de s’assurer que les citations du conférencier étaient rapportées fidèlement par les journalistes.

Le discours s’intitulait « Trump. Redonnons sa grandeur à l’Amérique ! Le texte commençait par un énoncé du problème : « Notre pays est dans une situation intenable. Personne ne nous respecte. Nous sommes la risée d’un tas de gens. Daech, la Chine et le Mexique s’acharnent à nous défaire (...) Nos ennemis montent en puissance, tandis que nous perdons du terrain. » Le discours s’en prend ensuite aux politiciens de carrière qui, dit son auteur, « parlent beaucoup et ne font rien ». Il ajoute : « Je suis incapable d’être plus longtemps témoin de ce genre d’incompétence.

» Il offre ensuite la solution en faisant don de sa personne au pays, et annonce sa candidature à la présidence des États-Unis. Il énonce ensuite certains des principaux problèmes : l’accroissement de la dette nationale (« qui dépassera bientôt les 20 billions de dollars »), les frontières poreuses, les 90 millions d’Américains qui ont cessé de chercher un emploi, les 45 millions qui vivent grâce aux timbres d’alimentation pour indigents et les 50 millions vivant sous le seuil de la pauvreté. L’énumération se poursuit par la menace étrangère – qui s’accroît quotidiennement –, et qui inclut l’Iran et ses armes nucléaires, la croissance de la puissance militaire chinoise, les terroristes islamiques qui assassinent des diplomates américains à Benghazi et en Iran, Daech qui décapite des chrétiens et « s’accapare de vastes territoires contenant les plus importantes réserves de pétrole du monde ».

Le protectionnisme

Pour Trump, le pays doit prendre « hardiment » une autre direction et « il faut remettre les Américains au travail ». Il propose des remèdes : cesser de transférer les emplois à l’étranger « par l’intermédiaire d’ententes commerciales boiteuses et, donc, se montrer très ferme envers la Chine. « Un tas de gens sont incapables de trouver du travail. Ils ne peuvent pas trouver d’emploi parce qu’il n’y en a pas, pour la bonne raison que nos emplois ont disparu au profit de la Chine et du Mexique.

Cela donne que notre véritable taux de chômage se situe entre 18 et 19 pour cent, peut-être même 21 pour cent. » Le ton de ce discours est évidemment agressif envers les Chinois : « Notre pays a de graves problèmes. Nous ne remportons plus de victoires. Il fut un temps où nous étions victorieux, mais ce temps-là est révolu. Quand avons-nous, la dernière fois, remporté une victoire commerciale, disons, sur la Chine ? Non, les Chinois nous écrasent à ce jeu ». On connaît la suite : Trump décide d'imposer des tarifs douaniers sur les produits chinois et de lutter contre les manipulations chinoises de leur monnaie, comme il l'avait laissé entendre dans ce même discours : « Les Chinois dévaluent leur monnaie à un degré inimaginable, ce qui rend nos entreprises incapables de les concurrencer (...) Ils sont en train de nous trucider ».

Un avenir incertain

La perspective des élections présidentielles l'an prochain ne laisse rien augurer de bon concernant les tensions entre Chine et Etats-Unis. Pour plaire à sa base électorale, on peut s'attendre à ce que Donald Trump continue à se montrer ferme vis-à-vis de Pékin. Il a été élu en 2016 sur un programme protectionniste, et le futur candidat Trump sait que son électorat attend de lui qu'il tienne ses promesses.

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