Lorsque la GALP, compagnie pétrolière portugaise s'associe au géant italien ENI, ce n'est pas pour créer une fondation de défense des animaux, mais à des fins bien plus pernicieuses et en tous les cas avec des perspectives financières alléchantes. Depuis deux ans ce géant enfanté d'une alliance improbable, s'est impliqué intégralement dans la prospection offshore à 46 kilomètres des côtes portugaise. L'objet de leurs désirs fait briller leur oeil de rapace: le gaz naturel et le #Pétrole. Entre tergiversations politiques et interventions des associations de défense de la nature, avec à sa tête l'association ASMAA (Association Algarvienne pour le développement du surf et des activités liées à la mer), le projet ,n'avait en 2016, toujours pas connu de consensus étant prouvé qu'il pourrait mettre en péril l'espace naturel convoité, ainsi que l'industrie du tourisme, essentielle à la subsistance du sud du pays, voir du Portugal dans sa totalité.

Les permis d'exploitation ont été délivrés au consortium ENI/GALP par le gouvernement précédent et le gouvernement actuel (premier ministre Antonio Costa) avait manifesté son intention de révoquer ces permis. Il y a quelque mois, ce même gouvernement souhaitait organiser une consultation publique visant à démocratiser le débat avant de prendre une décision concernant l'autorisation d'avancer dans la prospection offshore. Pourtant malgré cette manifestation de bon vouloir, le mouvement "Algarve libre de pétrole" (MALP) s'insurge contre ce qu'elle prétend être "une manipulation qui se moque du monde", arguant du fait que, selon ce mouvement "Le gouvernement de Antonio Costa vient de prendre une décision dans la précipitation et le plus grand secret.Il veut organiser une consultation publique en vue d'autoriser ENI/GALP à réaliser des forages mettant en péril les plages de l'Alentejo et de l'Algarve. Du fait de l'impact désastreux que pourraient avoir ces recherches sur l'Environnement et les populations locales, nous demandons au gouvernement d'exprimer son opposition à l'exploitation du gaz et du pétrole dans le sud du Portugal..." Toutes ces tergiversations avaient trouvé leur point culminant dans des manifestations organisées notamment au début de l'été 2016, avec une chaîne humaine qui s'étirait depuis la mairie de Aljézur.

La consultation publique commencée le 31 mai 2016 et terminée le 22 juin avait donné lieu à diverses formes de protestation, tel qu'une pétition lancée sur le net par l'association ASMAA.

Qu'en est-il aujourd'hui du pétrole ?

Des hackers du groupe Anon Ghost Portugal se rangent aux côtés des associations de défense de la nature et attaquent la page officielle dédiée aux recherches pétrolifères en Algarve, AREAL (Agencia Regional de Energia e Ambiante do Algarve), laissant un avis clair aux dirigeants impliqués dans la prise de décisions liées aux recherches pétrolières.

Le groupe de hackers a laissé sur la page d'accueil du site AREAL ce message on ne peut plus explicite: "Algarve libre de pétrole ! Contre pl'exploitation de gaz naturel et de pétrole en Algarve ! Nous sommes attentifs et nous allons lutter avec tous nos moyens ! Nous sommes Anon Ghost Portugal. Nous sommes nombreux, on ne pardonne pas, on n'oublie pas..."

Il est bien évident que de tels projets sur le pétrole sont plus qu'alléchants pour l'économie portugaise.

Une telle manne ferait les délices d'une économie fragile et encore anémique. Toutefois les réactions virulentes de la part des associations et mouvements liés à la protection de l'environnement pèsent de tout leur poids appuyés par une implication grandissante de la population. Peuple pacifique, le portugais de 2017 n'en est pas moins soucieux de son futur et la nouvelle génération a pris en main son destin, ne voulant pas céder un pouce de son patrimoine marin à des industries peu préoccupées par leur préservation. Le débat fait rage, reste à savoir comment le gouvernement va finalement se comporter face à des mastodontes pétroliers pour lesquels seules les fins justifient les moyens et pour lesquelles des concessions d'exploitation ont déjà été octroyées. Je suis l'évolution de cette polémique sur le pétrole et ne manquerai pas de revenir compléter cet article sur Blastingnews.