Depuis l'aube ce matin du 25 septembre, les routiers français ont entamé leur mouvement reconductible contre la réforme du travail bloquant de nombreux dépôt de carburant. Une cinquantaine de blocages ont été menées dans différentes grandes villes de France comme Rouen, Caen, Le Havre, Bordeaux, La Rochelle, Lyon, Marseille, ou encore Nantes. A l'appel de CGT et de FO, une trentaine de routiers grévistes ont bloqué le trafic et réalisé des opérations escargot sur le périphérique de Caen et sur l'autoroute A1, une des autoroutes les plus fréquentées d'Europe créant des embouteillages sur 11 km dans le sens Paris-Lille. Néanmoins à Caen, l'opération escargot sur le périphérique a été interrompu par les forces de l'ordre à 7h00 du matin.

Les militants s'agacent : "Ils nous empêchent de faire notre barrage filtrant. Même les précédents gouvernements nous ont toujours laissé manifesté sur notre lieu de travail : le bitume".

Les routiers manifestent car ils sont opposés à la réforme de droit de travail proposé par Emmanuel Macron et son gouvernement. Ils dénoncent la possibilité de faciliter les licenciements économiques, l'affaiblissement des représentants du personnel, et le plafonnement des indemnités prud'homales. Les routiers grévistes s'inquiètent de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération.

Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien

En combat perpétuel contre la réforme du travail d'Emmanuel Macron, c'est tout naturellement que le leader de la France Insoumise [VIDEO] affiche son soutien aux routiers.

Il publie d'ailleurs ce lundi matin un message explicite sur Twitter :

Jérôme Vérité interview sur Europe 1

Jérôme Vérité, leader de la CGT des Transports à lancé très tôt ce matin avec FO Transports un mouvement de blocage un peu partout en France : "Tout le territoire est ce matin touché par des blocages divers : ce sont des zones logistiques, ce sont des dépôts de carburant. La masse des salariés aujourd'hui en Grève fait qu'on est face à un mouvement d'ampleur comme à Caen où le périphérique est complètement bloqué. On avait prévenu et j pense que le gouvernement ne doit pas être déçu ce matin."

Lorsque la journaliste de la station de radio Europe 1 demande au secrétaire général de la fédération CGT Transports : "Mais pourquoi maintenant car les ordonnances sont signées ?" Jérôme Vérité répond : "Non, la fin du processus des ordonnances c'est quand le Parlement va enfin entériner les ordonnances qui n'aura pas lieu avant le mois d'octobre. Donc, nous sommes en ce moment pleinement dans la lutte et voir ce que le gouvernement peut encore faire, renonce à ces ordonnances et les routiers ce matin sont en train de lui dire massivement qu'ils ne veulent pas en entendre parler." Jérôme Vérité a déclaré que tant qu’il n’y aura pas "d’actes", les blocages qui sont en cours ne se "lèveront pas".

Les salariés grévistes décideront de la suite du mouvement et de la reconduction de la grève.

Pour Jérôme Vérité : "Nous sommes ouverts au dialogue. Nous attendons toujours des messages du gouvernement. Nous avons toujours rencontré la ministre du travail. Donc elle peut parler et m'envoyer des messages au travers des médias, mais il faudrait vraiment discuter et avoir des actes extrêmement concret et non pas des vagues de promesses." Nous verrons si le message a été entendu.

La réaction du gouvernement

De son côté, le gouvernement se dit prêt à "continuer les discussions" a déclaré ce matin Christophe Castaner, le porte-parole. Et d'ajouter : "Le dialogue est permanent avec les syndicats et nous voulons le poursuivre". Elisabeth Borne, la ministre chargée des Transports, tente de rassurer les routiers en colère : "Ils n'ont aucune raison de s'inquiéter sur les ordonnances travail (...) On dialogue avec les organisations syndicales et j'espère qu'on pourra les rassurer sur la portée de ces ordonnances"