La traite des êtres humains est un fléau qui traverse les époques et les continents. Ses auteurs savent profiter des fragilités liées au contexte économique, social, géographique ou encore climatique de chaque pays.

La question de la traite et des migrations

La traite des êtres humains est le fait de recruter une personne, de la transporter, la transférer, de l'héberger, ou de l'accueillir à des fins d'exploitation dans l'une des circonstances suivantes :

- L'emploi de menace, de contrainte, de violence ou de manœuvre dolosive visant la victime.

- Un ascendant légitime, naturel ou adoptif qui exerce une contrainte par son autorité.

- L'abus, dans une situation de vulnérabilité.

- En échange ou par l'octroi d'une rémunération.

Les crises économiques, les conflits, sont venus alimenter les rangs des victimes potentielles parmi lesquelles beaucoup d'enfants. Les exploiteurs ont ainsi su tirer profit de la mondialisation caractérisée par des déplacements volontaires ou forcées. Il ne s'agit pas de confondre la traite des êtres humains à des fins d'exploitation et le trafic de migrants qui est le fait de passeurs et de réseaux qui s'enrichissent en faisant voyager d'un pays à un autre des migrants.

Ces derniers versent aux passeurs des sommes très importantes pour des voyages dangereux, voire mortels .Ceux qui parviennent à bon port deviennent des proies faciles pour les exploiteurs et les réseaux. Ils sont particulièrement vulnérables et ont un besoin urgent de travailler.

Le plus souvent, ils ignorent que, même sans papiers, ils ont des droits, et leur situation de clandestinité les prédestine à se fondre dans une économie souterraine qui va du travail illégal au travail forcé pour les hommes, à l'exploitation sexuelle, au mariage forcé et à l'esclavage domestique pour les femmes et les jeunes filles. Selon l'Organisation Internationale pour les Migrations, 10% des migrants qui arrivent en Europe par la Méditerranée sont confrontés à ce problème.

Le mineur peut également avoir été victime d'exploitation au cours du parcours migratoire ou dans le pays d'origine.

Les enfants sont tout particulièrement menacés, surtout quand ils arrivent seuls en Europe. Selon l'agence de l'Union Européenne pour la coopération et la formation des services répressifs (Europol), en février 2016, ce sont près de 10 000 enfants migrants non accompagnés avaient disparu en Europe au cours des 18 à 24 derniers mois. Le risque est grand, qu'un certain nombre d'entre eux soient tombés entre les mains de réseaux de traite.

L'impact de la traite

Sur le développement physique, les conditions de vie quotidienne sont extrêmement difficiles. Durant la période d'exploitation, les maltraitances subies et non soignées peuvent causer des séquelles handicapantes au cours de la vie d'adulte. A cela s'ajoutent des maladies, notamment sexuellement transmissibles, qui peuvent être mortelles. La difficulté des tâches et les conditions pénibles de vie et du travail engendrent aussi le vieillissement précoce, la dépression, ou encore la dépendance aux drogues.

L'absence de scolarisation empêche parfois même de comprendre la langue du pays d'accueil. La survie au quotidien laisse peu de place au développement de compétences pour la vie professionnel adulte. Il ne sera pas seulement question d'accès à l'éducation, le rapport à l'autorité et à l'adulte est difficile.

Les conditions de vie psychique sont caractérisées par la négation de l'enfant en tant qu'être humain. L'exploitation, quelle que soit sa forme, met l'enfant en position d'objet, de marchandise, voire de déchet. Pour l'exploiteur, seul compte le profit qu'il peut tirer de l'enfant au mépris de celui-ci. L'enfant est parfois pris dans une ambivalence : Il est abusé par ces mêmes adultes qui constituent son unique repère et qui l'exploitent. L'enfant ne sortira pas indemne de ces conditions de vie psychique extrêmes. Il peut souffrir par la suite d'un rapport au monde vécu comme menaçant, d'une perte d'estime de lui-même, d'une incapacité à se projeter.