Un mardi noir. En ce 3 avril, la grève des cheminots de la SNCF connaît son premier jour important. Le mouvement social, censé durer trois mois, a commencé lundi soir, mais un trafic « quasi normal » était assuré. Ce mardi en revanche, seuls 12 % des trains seraient assurés, posant des difficultés à des millions d'usagers. En effet, un cheminot sur deux est annoncé en grève. C'est surtout chez les conducteurs qui le chiffre est particulièrement élevé, puisque les trois quarts du personnel de cette branche sont en grève ce mardi. Cela devrait ne permettre d'assurer qu'un TGV sur huit en moyenne, avec un axe Est plutôt épargné, mais un axe Sud-Est très touché.

Dans cette zone, seul un TGV sur dix sera assuré. Du côté des Intercités, la grève se fera également énormément ressentir. La SNCF a ainsi annoncé que sept lignes au total ne seraient pas desservies ce mardi. Côté TER et Transilien, ils seront au nombre d'un sur cinq assurés en ce 3 avril. Enfin, concernant les RER, le trafic sera plutôt variable, annoncé à un sur deux sur certaines zones et à un sur cinq sur d'autres. C'est donc un trafic énormément perturbé auquel les usagers doivent faire face... eux qui n'hésitent pas à critiquer vivement la SNCF lors de chacun de ces mouvement sociaux.

La zone Sud-Est extrêmement touchée par la grève

Longtemps critiqué pour son manque d'informations et de solutions de remplacements, la SNCF a décidé de frapper fort dès le début de ce mouvement social, censé durer jusqu'au mois de juin.

Ce mardi, pas moins de 3000 gilets rouges sont ainsi mobilisés, notamment dans les gares de la région parisienne, afin d'aider aux mieux les usagers en difficulté. La SNCF mobilise également son site internet et son application pour informer au mieux les voyageurs concernant les conditions de circulation et d'éventuels trains annulés.

La compagnie ferroviaire entend aussi communiquer les moyens de transports « alternatifs », en proposant notamment des trajets en bus pour les usagers. Une SNCF qui entend donc faire au mieux... et garder confiance. « Les négociations se poursuivent. Il va y avoir une dizaine de négociations. On espère que la grève ne durera pas trois mois », a ainsi confié Mathias Vicherat, directeur général adjoint du groupe SNCF, au micro d'Europe 1.

Quant à la CGT, en grande partie à l'initiative de ce mouvement social, elle assure que « le gouvernement et la direction seraient mieux inspirés d'ouvrir des négociations sur le fond ».

La grève fera-t-elle plier le gouvernement ?

Aux yeux des syndicats, et de nombreux cheminots, la réforme de la SNCF, ouvrant notamment le secteur à la concurrence, ne passe pas. C'est cette grogne face à cette réforme qui a incité les syndicats à faire bloc derrière les cheminots et donc entraîné le début d'une « grève perlée », avec deux jours sur cinq concernés durant trois mois. Du côté de la France insoumise, le député François Ruffin a même estimé que le combat des cheminots pouvait être une digue pour l'ensemble de la société, à un moment où le gouvernement et Emmanuel Macron entendent changer beaucoup de choses.

Un combat politique et un vrai test pour le pouvoir en place. Emmanuel Macron cèdera-t-il face aux grévistes ? Pour l'instant, cela n'en prend pas le chemin. Le gouvernement se veut même plutôt confiant. Elisabeth Borne, ministre des Transports, a ainsi expliqué qu'elle espérait que la grève allait durer moins de trois moins. En attendant, une journée comme celle de mardi représente un manque à gagner de 10 à 20 millions d'euros pour la SNCF. C'est évidemment très loin d'être anodin par les temps qui courent...

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