Cette affaire, illustrée par le hashtag #FakeMed souligne les divisions existant au cœur de la communauté médicale.

C’est la guerre des médecines : la tribune des 124. 124 médecins contre l'homéopathie publiée en mars dernier dans Le Figaro a mis le feu aux poudres. Ce texte dénonçait « des soins sans aucun fondement scientifique ». L’ordre des médecins tolère des pratiques qui sont en désaccord avec son propre Code de déontologie. Ce mouvement interpelle le gouvernement afin que ces médecins homéopathes perdent leurs titres ou qualifications médicales ou encore, à ce que l’Etat tout au plus ne rembourse plus ces traitement.

Un tollé médiatique

Cet appel a tout d’abord provoqué un tollé dans une partie des médias et chez les intéressés. Mais la vraie riposte s’est fait attendre, et elle est certainement à la hauteur de l’attaque : le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) a porté plaintes auprès du conseil départemental de l'Ordre des médecins dont dépend chaque signataire contre les 124 médecins concernés. Ils sont accusés de « non-confraternité » avec les homéopathes. « C'est un problème pour des médecins de dire que les médecins homéopathes n'auraient pas droit au titre de médecin tout court », pointe Charles Bentz, président du Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF).

La brutalité de cette riposte est sans doute liée au fait que le numéro un mondial des médecines homéopathiques, les Laboratoires Boiron, est français. Les enjeux sont donc élevés. Le directeur du laboratoire a d’ailleurs choqué quand il a évoqué « un Ku Klux Klan contre l'homéopathie ». Mais plus largement, le débat qui a eu lieu sur les réseaux sociaux souligne une véritable défiance envers la médecine dite conventionnelle – certainement entretenus par plusieurs dérapages de l’industrie pharmaceutique (à l’image de l’'affaire du Mediator).

Mais attention à ne pas laisser l’émotif prendre le pas sur les données scientifiques – une tendance malheureusement trop commune aujourd’hui.

L'homéopathie n'est pas sans conséquence

Si l’appel des 124 péchait par la forme (trop virulent, pas assez de reconnaissance des bienfaits réels des traitements homéopathiques dans certains contextes), il soulignait avec justesse que l'enracinement de ces pratiques homéopathiques n’est pas sans conséquences.

D'abord « elles soignent l'inutile en surmédicalisant la population ». Pour les signataires, toute maladie ne peut se régler avec un traitement homéopathique. De plus, ces médecines alternatives laissent penser qu’il faut se méfier de la médecine conventionnelle, notaient les 124.

En outre, la promotion des médecines alternatives, parfois complètement inefficaces – voire dangereuses – (pour lutter contre des maladies graves comme le cancer, en retardant les diagnostics et des traitements nécessaires) participe à une montée de la défiance envers la science. Aussi, s’il faut déplorer le manque de nuance dans les propos des signataires, leurs critiques demeurent pertinentes.

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