Des résidents de l'île d'Oléron ont saisi la justice. Pour faire taire un jeune coq qui chanterait trop tôt le matin, et qui perturberait leur sommeil. Le tribunal d'instance de Rochefort a été saisi, et a traitera l'affaire le 6 juin prochain, date anniversaire du débarquement. Ce fait de société n'est pas sans rappeler un fait divers ardéchois dans les années 80.

Un coq trop bruyant

Le maire de la commune de Villevocance, Jean Mercier, par ailleurs directeur de la Caisse Primaire d'Assurance maladie de l'Ardèche, avait pris un arrêté municipal pour interdire le chant des coqs dans sa paisible commune du Nord Ardèche. Le préfet avait validé l'arrêté, mais les élus de Villevocance avaient boycotté les séances du conseil municipal, et le maire Jean Mercier fut contraint à la démission, puisque les budgets communaux n'étaient plus votés.

Situation quelque peu différente sur l'île d'Oléron, où la propriétaire du coq, Corinne Fesseau, a reçu le soutien du maire dans son conflit avec ses voisins. Contactée par téléphone, ce dimanche 19 mai 2019, Corinne Fesseau, la propriétaire de l'animal, confirme "être assignée devant la justice le 6 juin, suite au chant du coq. Je ne compte pas me séparer du coq Maurice. J'ai lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 35 000 signatures. J'emmènerai le coq à la barre", affirme Corinne Fesseau, qui explique être attachée à son animal, devenu un "emblème d’Oléron".

Le coq d'Oléron risque sa tête devant la justice

Dans une France où l'insolite semble prendre le pas, après la mayonnaise à l'huile de moteur et l'absence de suite judiciaire pour les enseignes concernées, après les ventes annoncées par Arnaud Lagardère qui brade ses titres phares à un groupe tchèque czech Media Invest, on "assiste à une montée de l'intolérance" affirme la propriétaire du coq, après la visite de l'huissier qui lui a délivré, voici quelques jours, la citation à comparaître devant la justice.

Elle ajoute : "Moi, j'habite Oléron toute l'année depuis 35 ans… Le couple qui m'assigne en justice vient en vacances à Oléron quinze jours par an, dans une résidence abritant 80 personnes. 78 habitants de la résidence ne se plaignent pas !".

En 2006, en Ardèche, à Nozières, l'aubergiste Ursul avait violenté le maire en soutenant que "les cloches de l'église voisine perturbaient le sommeil de ses clients, car elles sonnaient la nuit".

En Haute-Savoie, dans le Chablais, à Abondance, des résidents d'été ont engagé une pétition afin que les agriculteurs retirent les cloches attachées au cou des vaches, selon une tradition millénaire. Là aussi, le maire savoyard a apporté son soutien aux agriculteurs concernés.

Que fera le tribunal d'instance de Rochefort le 6 juin ? La justice va-t-elle transformer le coq Maurice en poule au pot ? Ou le renvoyer vivant sur l'île d'Oléron ?

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