Nul doute que les Français sont désormais sensibilisés aux questions environnementales. Les résultats du dernier scrutin européen, où le parti écologiste EELV de Yannick Jadot a réalisé une percée, en sont la preuve. Entre autres, quotidiennement, les particuliers trient et recyclent leurs déchets, souhaitent acquérir des voitures électriques, usent et privilégient les transports en commun, réclament une taxe sur le kérosène des avions, appellent à une alimentation responsable de provenance locale. Le Français serait-il devenu un bon élève face aux urgences climatiques et écologiques ? A l'échelle nationale, rien n'est moins sûr.

11 000 tonnes de déchets rejetées en mer

Le dernier rapport publié le 7 juin 2019 par l'organisation WWF, intitulé "Stoppons le torrent de plastique !", révèle un constat bien plus sombre à l'échelle du pays que les meilleures intentions personnelles. Selon WWF, la France est purement et simplement le plus important producteur de déchets plastiques de la Méditerranée. Chaque année, plus de 11 000 tonnes (11 200 tonnes) seraient ainsi déversées impunément dans la mer.

Le rapport de l'ONG a établi qu'au total, sur les 22 pays concernés de la région (Albanie, Algérie, Bosnie-Herzégovine, Chypre, Croatie, Egypte, Espagne, France, Gibraltar, Grèce, Israël, Italie, Liban, Libye, Malte, Maroc, Monaco, Monténégro, Slovénie, Syrie, Tunisie, Turquie), 24 millions de déchets plastiques étaient générés, dont 28 % seraient gérés de manière inefficace (non collectés, en décharges). Conclusion, 600 000 tonnes finissent en mer Méditerranée.

Conséquences environnementales désastreuses

Dans ce classement, où la France arrive donc en tête, l'Hexagone aurait produit 4,5 millions tonnes en 2016, soit 66,6 kg par personne, impliquant un rejet, dans la nature de 80 000 tonnes, dont 11 000 atterrissent dans la mer.

Il va aujourd'hui sans dire que les conséquences de la pollution plastique sur l'environnement sont désastreuses. De plus, cette pollution impacte la pêche locale en perte de gain, endommage les moteurs des bateaux et les moyens de transports, bloque les voies navigables et installations portuaires et entraîne des coûts supplémentaires de nettoyage.

La concentration de débris à la surface apparaît très élevée le long des côtes, en particulier près de Marseille, Nice et en Corse. La France est également le troisième plus gros émetteur de CO2 issus de la production, du recyclage et de l'incinération.

L'ONG WWF appelle le gouvernement à annoncer des mesures ambitieuses et a mis en ligne une pétition pour appuyer ses propositions de solutions prioritaires.

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