Arsen Goulamirian, 30 ans, dispute samedi 24 mars le combat le plus important de sa carrière face à Ryad Merhy. Le natif de Blagnac, d'origine arménienne, veut conquérir la ceinture mondiale WBA [VIDEO] des lourds-légers au Palais des Sports [VIDEO] de Marseille. Arsen se prépare pour cet événement, qui sera retransmis sur Canal+, depuis plusieurs mois aux États-Unis. Nous avons eu l'occasion d'interviewer le champion, encore invaincu, dans la cité phocéenne, lors de la présentation de la soirée. Nous avons évoqué avec lui sa vie de boxeur professionnel. Une vie qui réclame beaucoup de sacrifices. Alors, quel est le quotidien d'un champion de Boxe ? Interview.

Arsen, à quelques dizaines d'heures de ton combat contre Ryad, comment te sens-tu ?

"Très bien. Je suis relâché, ce n'est pas comme les autres combats en fait. Lors d'un championnat du monde, la plupart des boxeurs sont plus stressés qu'autre chose. Moi je suis bien. Il y a la préparation qui m'a vraiment mis à l'aise. Je suis bien préparé, il n'y a pas d'excuses. 'No excuse' comme dit mon entraîneur".

Tu te sens bien à Marseille ?

"Je suis comme chez moi ici. Marseille, Toulouse, Paris, en France on est chez nous, avec une grosse communauté arménienne. Et avec un public chaud comme le public marseillais, c'est que du plaisir de boxer ici".

Alors on sait que les boxeurs sont plutôt connus, lorsque les combats sont diffusés à la télévision, ça marche souvent plutôt bien, mais on ne connait pas vraiment la vie du boxeur. Toi, qu'est-ce que ça te fait faire comme sacrifices au quotidien dans la vie de tous les jours ?

"Un boxeur professionnel, c'est justement, en soit, beaucoup de sacrifices.

Certains se privent pendant la préparation, d'autres qui se privent tout au long de leur carrière de beaucoup de choses, que ce soit les sorties, la nourriture, se coucher tôt... Moi l'objectif, c'est de passer un bon moment en dehors des entraînements, sans prendre de poids, sans faire de conneries".

"Ma famille..., je ne les vois que 3 ou 4 mois maximum par an"

Au niveau de l'hygiène et du style de vie justement, qu'est-ce que tu peux te permettre ? Qu'est-ce que tu t'interdis ?

"Ça dépend des boxeurs. En parlant de moi, personnellement je ne bois pas d'alcool, je ne fume pas. Les sorties, ce n'est pas mon délire. J'aime bien être en famille, avec mes amis, passer de beaux moments, voyager, découvrir, aller au cinéma le week-end par exemple, jouer au foot. Le peu de temps qu'on a, je n'ai pas envie de le gâcher en faisant n'importe quoi. Ma famille... je ne les vois que 3 ou 4 mois par an. Toute l'année je suis en préparation à Big Bear Lake (ndlr : en Californie)".

Est-ce qu'au fil des années, c'est de plus en plus dur ?

"C'est dur en soi.

Que tu partes aujourd'hui, ou dans deux ans, c'est la même chose. L'amour de la famille, ça reste, ça manque toujours. Mais sans sacrifices, on n'a rien dans la vie".

Si samedi soir, tu décroches la ceinture WBA des lourds-légers, qu'est-ce que tu vas t'imposer comme grand objectif ?

"Déjà, samedi soir, on va essayer de gagner ce combat. De bien le gagner. Et après, on verra pour la défense".

"On est toujours dans le dépassement de soi"

C'est quoi ton volume d'entraînement ?

"On se prépare 6 jours sur 7 à Big Bear, avec deux entraînements par jour, trois sparring-partners par semaine, d'ailleurs on fait 10 rounds, 12 rounds de sparring très intenses. J'ai mis les gants avec des champions du monde, avec des lourds, lourds-légers, avec des mi-lourds pour la vitesse. C'est intense tous les jours, parce qu'il y a l'accumulation de la fatigue. Au début tu es bien, et à force, même les petits entraînements que tu fais deviennent durs. On est toujours dans le dépassement de soi".

Comment vas-tu t'entraîner pour tes dernières heures avant le combat ?

"Là ça ne va pas forcément être de l'entraînement, c'est plus du réveil musculaire. Il ne faut pas faire trop monter ton coeur parce que tu viens de taper deux mois à fond. Il faut ralentir, mais garder un certain rythme pour le corps après cette grosse préparation. Trottiner, travailler les déplacements, ça suffit".

Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter Arsen ?

"Merde..."

Tous tes proches seront là...

"Exactement, il y a toute ma famille, les fans de boxe, Marseille, les Arméniens, mes amis. C'est plus ça qui me met la pression que le combat en lui-même."

Tu ne veux pas décevoir tes proches...

"Exactement. Mais je ne les décevrai pas. Ne t'inquiète pas."

Un grand merci Arsen et on te souhaite bonne chance pour samedi.

"Merci beaucoup, merci à vous."