Au début du mois dernier, Michael Schumacher a été transféré à l’hôpital européen Georges-Pompidou. Le médecin qui le suit à Paris s'est épanché dans le journal La Repubblica au sujet du le traitement qu’il fait suivre au septuple champion du monde de Formule 1. Le professeur Philippe Menasché, un chirurgien spécialisé dans la thérapie cellulaire pour soigner l’insuffisance cardiaque, administre au sportif des soins spécifiques.

Une journée fatale

Le 29 décembre 2013 est une journée particulièrement belle. Quand il arrive au domaine skiable des Trois vallées, dans les Alpes françaises, avec son fils Mick et quelques amis, l’Allemand est accueilli par un soleil éclatant. Il y a quelques années, Schumacher s’est acheté une résidence secondaire dans la station de Méribel. Il aime y passer les fêtes de fin d’année en famille et avec ses amis.

Voici la vie qu’il aime et qu’il recherche : un cadre privé, des journées relax, détendues, entouré des personnes en qui il a entièrement confiance. Toutes les conditions sont réunies. Il a un peu neigé la nuit précédente. A présent, le soleil brille et les températures, autour de zéro degré, sont agréables. La chute « fatale » intervient peu après 11 h du matin, dans une zone hors-pistes mais sur un terrain pas vraiment difficile.

Il y a des zones hors-pistes aux Trois vallées, menant à la descente olympique de 1992, mais Schumacher préfère le versant ouest de la Saulire, comme de nombreux sportifs amateurs. Michael n’a pas appris à skier dans son enfance. Mais Michael est un bon skieur. Chez Ferrari, il faisait toujours bonne figure lors du traditionnel rendez-vous hivernal à Madonna di Campiglio, se montrant très sûr sur les skis. Il ne rencontrait aucun problème dans le slalom géant qui y était organisé tous les ans.

Moins de neige que d'habitude

Le problème ce dimanche, cinq jours avant l’anniversaire de « Schumi », c’est la conjonction de malheureuses circonstances : il y a moins de neige que d’habitude à Méribel et les rochers des zones hors pistes sont à peine recouverts. Certaines grosses pierres ressortent. La réunion de ces éléments fera le malheur de Schumacher. Les premières nouvelles sur son état ne sont pas trop inquiétantes.

Les sauveteurs racontent qu’ils l’ont trouvé conscient, à moitié debout. Mais il se montrait agité et semblait troublé. D’après le directeur de la station de ski, le septuple champion du monde de Formule 1 a été transporté en hélicoptère mais il ne souffrait que d’un traumatisme crânien. Après quelques années communes sur le circuit, son compatriote Sebastian Vettel est devenu un ami. Le quadruple champion du monde envoie un SMS à son ancienne idole : « J’ai entendu que tu étais tombé.

Rien de grave, j’espère. Bon rétablissement. » Ce n’est qu’en début de soirée que les informations deviennent affolantes, révélant la gravité de la situation. Schumacher était inconscient dès son transport en hélicoptère au CHU de Grenoble, soit une demi-heure après sa chute. Les médecins ont diagnostiqué un traumatisme cérébral qui nécessitait une opération d’urgence. Le pronostic vital était engagé à cause de l’augmentation de la pression intracrânienne, provoquée par une forte hémorragie. Pour la soulager, il a fallu ouvrir la calotte crânienne et supprimer un important hématome. Schumacher a ensuite été placé dans un coma artificiel. La température de son corps a été baissée à 35 et 34° pour ralentir son métabolisme et permettre, ainsi, à l’oxygène de mieux circuler.

Thérapie cellulaire

Une deuxième opération a lieu quelques jours après, alors que son état général s’est stabilisé. Entre-temps, les résultats d’un nouveau scanner ont accentué le pessimisme des médecins de Grenoble, qui craignaient le pire. La deuxième opération a certes permis une légère amélioration mais ils ont dû reconnaître qu’ils n’ont pas pu traiter tous les hématomes, certains restant pas accessibles. Personne n’a osé se risquer à faire un pronostic. Corinna, la femme de Michael, et leurs enfants, Gina-Maria et Mick, n’ont rien d’autre à faire que d’attendre et d’espérer. On connaît la suite. Le coureur automobile ne sort de son coma que en juin 2014. Il entame alors une phase de rééducation chez lui en Suisse. Les informations sur son état de santé ne filtrent que rarement, tant l'entourage proche tient à ce que la plus grande discrétion soit respectée. Les révélations récentes du professeur Menasché sont donc un événement. Espérons que la thérapie cellulaire sera bénéfique à ce grand champion et qu'on le reverra bientôt en meilleure santé.

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