Il faut d’emblée préciser que cette série sanglante a été rondement réalisée par les propres créateurs du comic dont elle est l’adaptation : Grant Morrison et Darick Robertson, ce qui explique une totale cohérence.

Alors que la ville s’apprête à célébrer Noël, Nick Sax (Christopher Meloni – absolument fantastique), ancien policier héroïque mène une vie de débauche : drogues en tout genre, affaires louches, alcool, meurtres… et hallucinations. Nous comprenons tout cela au bout de cinq minutes de visionnage : cela donne le ton ! Juste après notre première rencontre avec ce personnage, nous assistons à l’enlèvement de Hailey (Bryce Lorenzo) pendant un concert d’une icône des enfants.

La petite fille est kidnappée par un étrange père noël… en réalité, tout est totalement décalé dans cette série. Le premier épisode nous a rapidement conquis.es.

Un univers particulier

L’histoire est en fait assez simple mais les caractères, les répliques cinglantes, le sang et l’omniprésence des références à Noël ont de quoi ternir la vision que nous avons de cette fête d’ordinaire basée sur la joie, la famille, l’amour : tout cela vole en éclat dans Happy. Si vous aimez l'esprit de Noël à l'anglaise comme dans ces séries, vous pouvez faire une crois dessus le temps de regarder Happy !

Nick incarne l’homme totalement en marge de la société qui se fiche des conséquences, de la bienséance et de l’avenir radieux que le monde nous vend.

En effet, Nick illustre une sorte de Scrooge moderne (personnage de Dickens) : il vit seul, il n’aime pas les enfants, il se fiche de ce qui est bon ou non de faire, il vit l’instant présent et ne songe qu’à son propre épanouissement.

La liaison entre violence, humour et fiction

Happy n’est pas sans nous rappeler la série que nous avions également adorée : Dirk Gently (également une adaptation de littérature disponible sur Netflix).

Tous les personnages montrent une certaine forme de folie avec des acteurs et actrices convaincant.es, drôles et violents : nous avons donc Nick ; un Dexter qui ne tente pas d’être bon malgré son plaisir à tuer et torturer ; une policière corrompue ; une maman pas si calme ; un ami imaginaire qui découvre les bas-fonds de la nature humaine ; des méchants étranges ; un père noël complètement siphonné.

Vous l’aurez compris, Happy est une série faite pour celles et ceux qui ne sont pas gêné.es par l’hémoglobine (on n’ose pas calculer le budget faux sang de la production), l’humour sombre, la folie et les injures. La merveilleuse nouvelle du jour : une saison 2 a été commandée ! Et non, nous n'appartenons pas aux 7% des utilisateurs Netflix qui regardent leurs séries aux toilettes, sinon nous y aurions passé de longues heures pour Happy !