C’était début avril dernier. #Donald Trump n’avait pas encore remporté les primaires républicaines, il lui fallait encore éjecter Ted Cruz et John Kasich (après avoir distancé 14 autres prétendants). Il sort de sa pochette-surprise le projet d’un grand mur frontalier et assure ‘’le #Mexique paiera’’. À présent que la date de son investiture approche, il admet que les contribuables étasuniens financeront l’érection de la muraille (partielle, car The Donald a depuis admis que des sections seront réalisées en grillage). Mais, c’est juste pour finir l’ouvrage plus vite, ‘’les médias malhonnêtes’’ oublient de dire que les travaux du Great Wall seront réglés par le Mexique… par la suite !

14 000 milliards

Nemrod aurait fait ériger la tour de Babel, les Ming ont mis 14 siècles à finir la Grande Muraille de Chine, mais Donald Trump est beaucoup plus pressé.

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Il lui faut finir le mur frontalier avec le Mexique. Sa construction fut entamée sous George W. Bush (Secure Fence Act de 2006) mais après lui avoir consacré environ 3 000 milliards, le budget fédéral arrêta les frais courant 2010. Là, selon les diverses estimations, il faudrait injecter entre dix et 14 billions d’USD. Qu’à cela ne tienne, les contribuables paieront, mais le Mexique remboursera plus tard… D’ailleurs, en un an, rien qu’en coupant les subsides accordés aux immigrants, la plupart des frais seront couverts, disent les partisans de Trump. En oubliant de signaler que les mêmes versent 12 billions de contributions sociales et que le budget américain en engrange huit et n’en reverse qu’un peu plus de quatre en aides à tous les migrants, Mexicains inclus certes, mais il en est tant d’autres…

Blocus des transferts d’argent

L’idée de Donald Trump est aussi simple qu’irréaliste.

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Yaka interdire aux Mexicains (et autres) de transférer de l’argent au Mexique. Le gouvernement mexicain ne risquera pas de priver ses administrés de cette manne et ‘’dès le lendemain’’ du blocus, il consentira à verser ‘’entre cinq et dix billions’’. Aussi sec ! Resteront aux Étasuniens quelques cacahouètes à financer pour que la frontière sud soit inexpugnable… Sauf à creuser de plus longs tunnels, à s’offrir un vol vers le Canada, ou à nager affublé d’un aileron de requin au risque de se faire tirer dessus. L’ennui, c’est peut-être que le secteur bancaire préfère peut-être continuer à toucher des commissions sur les transferts plutôt que de voir les Mexicains conserver des billets verts et tenter de les passer en fraude. Le hic, c’est sans doute aussi qu’une telle mesure sera très longuement débattue devant les tribunaux, qu’il faudra aussi interdire à tout le monde l’acquisition de bitcoins, de trouver des relais au Canada ou en d’autres places financières, &c. Et puis, comme Trump a promis d’expulser au plus vite environ 11 millions d’immigrants en situation irrégulière, il va tarir une grande partie des transferts de fonds vers le Mexique.

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Taxes sur les importations

Bah, si cela ne suffit pas, Donald Trump fera aussi payer plus chers les visas d’entrée, et les taxes sur les exportations mexicaines vers les États-Unis seront considérablement renforcées. L’os, c’est que les exportateurs mexicains sont en grande partie des sociétés étasuniennes. Mais The Donald, fier de ses origines allemandes, de sa compagne slovène, est en fait plus français que les Français : rien ne lui est impossible. Dormez braves All American Boys & Girls, un jour, d’une manière ou d’une autre, le Mexique paiera. Et n’aura plus de quoi payer des importations des États-Unis ? La balance commerciale du Mexique avec son voisin reste à présent positive… mais les filiales américaines y sont pour beaucoup… Bah, le ''Yuge'' (version Trump) wall must go on... #Immigration